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January 30th, 2006

Entre Mahomet et Jésus…

[encadré p.175]
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« Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient Jésus lui dirent: ‹ Seigneur, frapperons-nous de l’épée? › Et l’un d’eux frappe le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Mais Jésus prit la parole : ‹ Laissez faire, arrêtez ›, dit-il, et, lui touchant l’oreille, il le guérit. »
Jésus, Évangile selon Luc 22-49 à 51

« Relaté par Abou Qilaba ; Anas dit : ‹ certaines tribus d’Ukl ou d’Uraina vinrent à Médine et le climat ne leur y convint pas. Après avoir retrouvé la santé, ils tuèrent le berger du prophète et emmenèrent ses chameaux. La nouvelle parvint au prophète de bon matin et il envoya des hommes à leur poursuite ; ils furent capturés et ramenés au milieu de la journée. Il ordonna alors qu’on leur coupât les pieds et les mains (et cela fut fait), et leurs yeux furent brûlés au fer rouge. On les laissa en un lieu appelé Al-Harra et lorsqu’ils demandèrent de l’eau, on ne leur en donna point. › Abou Qilaba ajouta : ‹ Ces gens avais commis le vol, le meurtre, étaient devenus des infidèles après avoir embrassé l’Islam et avaient combattus contre Allah et son Messager. › »
Sahih Bukhari, vol. 1, book 4, no. 233

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Islam et Christianisme: des traditions équivalentes?

[Intro Chapitre 14, p.171]

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« Ce n’est pas un stupide film hollywoodien », déclara l’actrice française Eva Green au sujet du dernier film sur les croisades du réalisateur anglais Sir Ridley Scott, Kingdom of Heaven.

C’est vrai. En fait, c’est plutôt un stupide film anglais.

« Les Musulmans », notait avec effusion le New York Times après une avant-première du nouveau blockbuster, « sont dépeints comme enclins à la coexistence jusqu’à ce que les extrémistes chrétiens ruinent tout. Et même lorsque les Chrétiens sont vaincus, les Musulmans leur offrent un sauf-conduit pour rentrer en Europe. » Sir Ridley, selon le Times, « a dit qu’il espérait démontrer que Chrétiens, Musulmans et Juifs pouvaient vivre ensemble harmonieusement – du moment que le fanatisme est tenu à l’écart. » Ou, comme Eva Green l’exprima, l’intention du film est de pousser les gens à « être plus tolérant, plus ouverts envers les Arabes. » [1]

À ce point, cela devrait être clair : l’idée que les Musulmans étaient « enclins à la coexistence » avec les non-Musulmans jusqu’à l’arrivée des croisés est historiquement fausse – à moins que par « coexistence », Ridley Scott n’entende la coexistence de l’oppresseur et de l’opprimé qu’était la dhimma. Eva Green et lui rendent les motivations politiquement correctes de ce film limpides : montrer que ce qui interfère dans la coexistence pacifique entre Musulmans et non-Musulmans est le « fanatisme », et non un quelconque élément d’une tradition religieuse. Le film est également destiné à faire en sorte que les Occidentaux racistes que nous sommes soient plus gentils envers les Arabes.

Mais le film n’est qu’un élément d’une campagne beaucoup plus vaste visant à convaincre les Occidentaux que la civilisation islamique est égale ou supérieure à la civilisation occidentale.

[1] Alan Riding, “The Crusades as a Lesson in Harmony? “, New York Times, 24 avril 2005

Kingdom of Heaven lave plus blanc que blanc…

Kingdom of Heaven est une histoire classique de cow-boys et d’indiens, dans laquelle les Musulmans sont nobles et héroïques et les Chrétiens sont vénaux et violents. Le scénario insiste lourdement sur les clichés politiquement corrects et les chimères de la tolérance islamique ; évacuant les lois et attitudes de la dhimmitude (dont Ridley Scott n’a vraisemblablement jamais entendu parler), il imagine un groupe épris de paix et de tolérance, une « communauté des Musulmans, des Juifs et des Chrétiens ». Mais, bien sûr, les Chrétiens gâchent tout. Un agent publicitaire vantant le film explique : « ils oeuvraient ensemble. C’était un lien solide jusqu’à ce que les Templiers causent des frictions entre eux ». Ah oui, ces ignobles « extrémistes chrétiens ».

Kingdom of Heaven a été conçu pour ceux qui pensent que tous les problèmes existant entre le monde islamique et l’Occident ont été provoqués par l’impérialisme, le racisme, et le colonialisme occidentaux, et que le glorieux parangon de la tolérance islamique, dont la lumière éclairait le monde à une époque, pourrait être rétabli si seulement les malveillants blancs d’Amérique et d’Europe se montraient plus tolérants. Ridley Scott et ses collaborateurs arrangèrent des projections anticipées du film à l’intention de groupes tels que le Conseil des relations américano-islamiques (Council on American-Islamic Relations, CAIR), de façon à s’assurer que les sensibilités musulmanes ne soient pas heurtées. C’est à tout point de vue un film de rêve pour l’establishment adepte du politiquement correct, exception faite d’un détail : il n’est pas fidèle à l’Histoire.

Le professeur Jonathan Riley-Smith, qui est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les croisades et l’un des principaux historiens s’intéressant à cette période, qualifia le film de « foutaises », et expliqua qu’il « n’est pas historiquement correct du tout » en « dépeignant les Musulmans comme sophistiqués et civilisés, et les croisés comme étant tous des brutes et des barbares. Cela n’a rien à voir avec la réalité ». Ah, et « il n’a jamais existé de communauté des Musulmans, des Juifs et des Chrétiens. C’est une absurdité totale. »

Le professeur Jonathan Philips, auteur d’un livre sur la quatrième croisade et le sac de Constantinople, a lui aussi exclu que film constitue une description fidèle de l’histoire, et conteste la représentation négative qu’il donne des chevaliers de l’ordre du Temple : « Présenter les Templiers comme les ‹ méchants › de l’histoire n’est une thèse soutenable que du point de vue musulman, et cette approche est incorrecte de toute manière. Ils furent la plus grande menace pour les Musulmans, et beaucoup finirent tués à cause du serment de défendre la Terre Sainte qu’ils avaient prêté. » Saladin est, selon l’agent publicitaire, « le héros du film ». Aucune mention n’est faite, naturellement, de ses massacres à Hattin, ou des plans analogues qu’il avait pour Jérusalem.

Pourtant, en dépit de la réécriture de l’Histoire et des efforts laborieux mis en œuvre pour dépeindre les Musulmans de l’époque des croisades sous un jour favorable dans Kingdom of Heaven, l’apologiste islamique Khaled Abou El Fadl, professeur de droit islamique à l’Université de Californie, écumait de rage à son propos : « Selon moi », s’emporta-t-il, « il est inévitable – et je suis prêt à risquer ma réputation là-dessus – qu’après la sortie de ce film, des crimes haineux soient commis directement à cause de lui. Les gens iront le voir le week-end et décideront de donner une leçon à quelque enturbanné. » Bien sûr, ceci constitue moins un acte d’accusation contre le film que contre la population américaine.

Quoi qu’il en soit, Kingdom of Heaven a coûté plus de 150 millions de dollars, met en vedette une distribution prestigieuse, et est vendu comme « une fascinante leçon d’histoire ».

Fascinante, peut-être – mais seulement en tant que preuve du mal que les Occidentaux d’aujourd’hui sont prêts à se donner pour se leurrer eux-mêmes.

[1] Charlotte Edwardes, “Historians say film ‘distorts’ Crusades“, London Sunday Telegraph, 18 janvier 2004 .

(NdT: D’autres liens vers des articles se posant la question de la propagande dans KoH sur http://www.zombietime.com/kingdom_of_heaven)

Mythe P.C. : le problème auquel le monde doit faire face aujourd’hui est celui du fondamentalisme religieux

Toute tradition religieuse est-elle également capable de provoquer la violence ? Cette notion, aussi répandue soit-elle, serait beaucoup plus crédible si Pat Robertson et Jerry Falwell [1] écrivaient des articles défendant la lapidation des personnes adultères (comme Hani Ramadan, écrivain musulman basé en Suisse, qui fit paraître un article ayant ce sujet dans le quotidien français Le Monde en septembre 2002), ou réclamaient l’exécution des blasphémateurs (le blasphème est une offense passible de la peine de mort au Pakistan et ailleurs dans le monde islamique) [2] , ou envoyaient des avions s’écraser sur les bâtiments symboliques de ceux qu’ils considèrent comme leurs ennemis.

Que les Chrétiens évangéliques ne commettent pas ces actes est une indication claire que tous les « fondamentalismes » ne sont pas comparables. Contrairement aux opinions déconstructionistes qui prévalent sur les campus universitaires de nos jours, les religions ne sont pas simplement des matériaux bruts qui peuvent être transformés en tout et n’importe quoi par les croyants. Il y a des points communs considérables dans le comportement des gens pieux de toutes les traditions. Par exemple, ils prient, se réunissent, et accomplissent certains rituels. Parfois même ils commettent des actes violents au nom de leur religion. Mais la fréquence et la diffusion de tels actes – et leur degré de parenté avec le courant prédominant de la religion en question – sont déterminés dans une grande mesure par les enseignements concrets de chaque culte. Les apologistes islamiques aiment à désigner Timothy McVeigh et Eric Rudolph [3] comme des exemples de terroristes chrétiens, mais il y a trois raisons qui font que McVeigh et Rudolph ne sont pas équivalents à Ben Laden et Zarkaoui :

♦ Ils ne tentèrent pas de justifier leurs actes en se référant à la tradition ou aux Écritures chrétiennes.

♦ Ils n’agirent pas sur la base des enseignements chrétiens traditionnels.

♦ Il n’y a pas de grands groupes chrétiens dans le monde qui soit voués à mettre en application les mêmes enseignements.

La différence entre Oussama Ben Laden et Eric Rudolph est la même qu’entre des actes aberrants et des enseignements aberrants. Tout être humain ayant un système de croyances peut faire des choses abominables. Mais les actes abominables sont davantage susceptibles d’advenir en plus grands nombres et fréquence lorsqu’ils sont encouragés et perpétués par des textes religieux et par ceux qui prêchent.

[1] NdT : Pat Robertson et Jerry Falwell sont tous les deux des « télévangélistes » conservateurs assez influents aux USA

[2] Hani Ramadan, “La charia incomprise”, Le Monde, 10 septembre 2002. Pour un cas typique d’exécution pour blasphème au Pakistan, voir par exemple “Man Accused of Blasphemy Shot Dead”, Reuters, 20 avril 2005

[3] NdT : Timothy McVeigh est l’auteur de l’attentat à la bombe d’Oklahoma City en 1995, et a été exécuté en 2001. Eric Rudolph a été condamné à l’emprisonnement à perpétuité en 2005 pour avoir posé quatre bombes (celle des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996, ainsi que dans deux cliniques pratiquant l’avortement et dans un club homosexuel).

Vous ne voulez quand même pas dire que l’Islam est le problème ?

Quelle est l’alternative à la position de Ridley Scott selon laquelle c’est le « fanatisme » qui suscite tous nos ennuis aujourd’hui ? C’est une opinion que les gens politiquement corrects ne peuvent tout simplement pas comprendre : le problème est inhérent à l’Islam et ne disparaîtra pas, ou ne sera pas neutralisé, tant que ce fait ne sera pas reconnu.

Dire que le problème est inhérent à l’Islam n’est pas dire que tout Musulman est un problème. Comme nous l’avons vu, beaucoup de ceux qui se disent Musulmans n’ont qu’une connaissance indirecte et superficielle des enseignements de l’Islam. Non, admettre que la violence jihadiste internationale indique un problème avec l’Islam n’est que simple honnêteté : il y a des groupes dans le monde qui croient qu’il en va de leur responsabilité devant Dieu que de mener la guerre contre les non-Musulmans et d’imposer la loi islamique, d’abord dans les états musulmans, puis dans les états non musulmans. C’est une motivation centrale de la violence terroriste aujourd’hui, et elle prend racine dans les enseignements du Coran et de la Sunna (c’est à dire la tradition islamique).

Certains analystes redoutent que si les autorités occidentales commençaient à reconnaître que l’ennemi de l’Amérique dans la « guerre contre le terrorisme » n’est pas un groupe de gens ayant détourné l’Islam, mais bien des hommes qui oeuvrent sur la base d’enseignements issus du cœur même de l’Islam, nous ne soyons bientôt impliqués dans une guerre contre le monde islamique tout entier. Il serait alors certainement plus compliqué de maintenir les alliances d’opérette qui existent à l’heure actuelle avec les Saoudiens, les Pakistanais et les Égyptiens. Mais cela permettrait aussi aux États-Unis de demander des comptes à ces alliés putatifs quant à leur allégeance au jihad mondial, et de matérialiser l’avertissement donné au monde par George W. Bush après le 11 septembre 2001 : « Vous êtes soit avec les terroristes, soit avec nous. »

D’autres évitent de constater la crise profonde de l’Islam d’aujourd’hui sous le prétexte que cela découragerait et irriterait les musulmans modérés. S’ils sont véritablement modérés, il n’y a pas de raison. Aucun problème ne peut être résolu si sa source n’est pas identifiée. Un docteur qui traite à l’aspirine des maux de tête persistants provoqués par une tumeur au cerveau n’échappera pas longtemps à un procès pour faute professionnelle. Si un quelconque projet d’Islam modéré doit réussir, ce ne sera qu’en identifiant les éléments de l’Islam qui sont à l’origine de la violence et du terrorisme, et en oeuvrant d’une manière ou d’une autre pour modifier la compréhension que les Musulmans ont de ces éléments – soit en faisant en sorte que les recruteurs de jihadistes ne puissent plus convaincre de jeunes hommes de les rejoindre en faisant appel à leur désir d’accomplir « l’Islam pur. »

Que les Musulmans modérés puissent réellement réussir à changer la compréhension de l’Islam de millions de Musulmans est une question ouverte. Mais il n’y a aucune chance que cela se produise s’ils ne discernent pas pourquoi l’Islam crée des individus comme Ben Laden et Zarkaoui.

Cela paraît logique. Pourquoi est-ce si difficile à accepter pour certains ?

Une partie de la raison pour laquelle l’establishment politiquement correct trouve ceci si difficile à accepter est que, dans leur vision simpliste et réductrice du monde, les Occidentaux sont « blancs » et les Musulmans sont « de couleur ». Selon le dogme politiquement correct, les peuples de couleur ne peuvent être coupables d’aucun tort ; ils sont à jamais victimes d’injustices. Tous leurs actes de violence ne sont que des réactions aux provocations ahurissantes de l’homme blanc.

L’exemple le plus scandaleux est peut être celui de l’avocate radicale Lynne Stewart, reconnue coupable en février 2005 d’avoir fait passer des messages pour Omar Abdel Rahman, le cheik emprisonné qui fut le cerveau de l’attentat à la bombe du World Trade Center en 1993. Pourquoi Stewart devint-elle l’estafette de jihadistes sanguinaires? Elle expliqua : « Pour nous débarrasser du type de capitalisme inflexible et vorace qui règne dans ce pays, qui perpétue le sexisme et le racisme. Je ne pense pas que cela puisse se faire sans violence. » [1] Comment Stewart put-elle penser qu’Omar Abdel Rahman, un Musulman traditionaliste qui sans nul doute croit que les femmes existent pour servir les hommes et que celles qui sont désobéissantes devraient être battues (Coran IV:34), puisse être un champion du combat contre le sexisme et le racisme ? … Et bien, il combat « l’homme blanc », n’est-ce pas ?

[1] “Lawyer Convicted of Helping Terrorists,” dépêche Associated Press, 10 février 2005

Recouvrer la fierté dans la civilisation occidentale

« Ecoutez, Dr Yeagley, je ne vois rien dans ma culture dont on puisse être fier. Elle n’est rien du tout. Mon ethnie n’est vraiment rien. Regardez votre culture. Regardez la tradition amérindienne. Ça, je trouve, oui, vraiment super. Vous avez de quoi être fier. Ma culture, c’est que dalle. » [1]

Ces mots sont ceux qu’une étudiante blanche, « Rachel », adressa au professeur amérindien David Yeagley en 2001.

Rachel est clairement imbibée de l’état d’esprit exprimé notamment par Jesse Jackson en 1985 : « Ho ! Ho ! Hé ! Hé ! La civilisation occidentale, du balai ! » Et il est pratiquement certain qu’elle considère les croisés comme le summum des « hommes blancs archaïques [2] », et les croisades comme une démonstration inexcusable d’impérialisme, de racisme, et probablement de génocide de la part de l’Occident. Si elle avait fréquenté une école ayant des « croisés » sur son blason, elle aurait été parmi les premiers à en exiger la disparition. Et vu la manière dont les croisades sont présentées dans la majorité des écoles de nos jours, c’est parfaitement compréhensible. Mais la plupart de ce que l’étudiant lambda connaît aujourd’hui sur les croisades et sur d’autres sujets similaires est erroné. Ceux qui inculquent de telles fumisteries ont un intérêt personnel à produire des Américains qui tiennent le discours de Rachel. Et celle-ci accepte tous ces mensonges grâce à des décennies de conditionnement anti-Américain, anti-Occidental et anti-Chrétien dans nos écoles et universités.

[1] David A. Yeagley, “What’s Up With White Women?” FrontPageMagazine.com, May 18, 2001

[2] NdT : “dead white males”, terme péjoratif utilisé habituellement pour faire référence à l’école de pensée ou de pédagogie traditionnelle qui soulignait l’importance des grands penseurs, écrivains, scientifiques et explorateurs européens, supposément au détriment d’autres groupes (les femmes, les non-européens,…)

Pourquoi il faut dire la vérité

C’est pourquoi la vérité doit être dite sur les croisades et sur d’autres composantes de l’interaction historique entre le Christianisme et l’Islam. Les Américains et les Européens – ainsi que les Chrétiens du Moyen-Orient et d’ailleurs – doivent cesser de battre leur coulpe pour les péchés de jadis, se rappeler l’héroïsme d’antan, et discerner les bienfaits que la civilisation judéo-chrétienne a apportés au monde. Nous devons examiner honnêtement l’Islam et le Christianisme et reconnaître en quoi ils diffèrent. On ne devrait plus admettre des censeurs P.C. qu’ils interdisent de remarquer que, bien que la nature humaine soit partout la même et que des gens aient justifié la violence au nom de toutes les religions, celles-ci ne sont pas identiques.

Le Christianisme est au coeur de la civilisation occidentale. Il a façonné les Américains que nous sommes, et a influencé les Européens et d’autres peuples de par le monde depuis plus longtemps encore. Qu’on l’apprécie ou non, il a modelé même ceux qui rejettent la foi chrétienne. Le Christianisme partage ses principaux principes moraux avec le Judaïsme – des principes omniprésents en Occident, mais incomplètement transmis à l’Islam. Ces principes sont la source dont les penseurs modernes ont tiré le concept des droits universels de l’homme – la base de la culture laïque occidentale.

Yeagley remarque : « Les Cheyennes ont un dicton : ‹ Une nation n’est jamais conquise tant que le cœur de ses femmes n’est pas à terre ›. Lorsque Rachel dénigra les siens, elle le fit avec l’assurance imperturbable d’une grande prêtresse déclamant sa liturgie. Elle parla sans crainte de la critique ou de la censure. Et elle n’en fit pas l’objet. Les autres étudiants écoutèrent en silence, leurs regards allant et venant timidement d’elle à moi, comme s’ils étaient incertains de savoir lequel d’entre nous deux était le meilleur expert… Qui avait conquis le peuple de Rachel ? Qu’est-ce qui l’avait conduite à lui manquer de respect ? Pourquoi se comportait-elle comme une femme d’une tribu vaincue ? »

Pourquoi, en effet ? En fin d’analyse, comme le fait remarquer Yeagley, le résultat est la défaite : des gens qui ont honte de leur propre culture ne la défendront pas.

C’est pourquoi dire la vérité sur les croisades, le Christianisme, et l’Occident n’est pas affaire de cocoricos culturels ou d’apologétique religieuse. C’est un élément essentiel de la défense de l’Occident contre le jihad international actuel.

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Le saviez-vous?

[Chapitre 14, p.171, colonne “Le Saviez-vous?”]
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♦ Aujourd’hui, la majeure partie des représentations des Croisades sont des absurdités politiquement motivées et historiquement sans valeur.
♦ Le problème auquel le monde doit faire face aujourd’hui n’est pas le « fondamentalisme religieux » en général – c’est le jihad islamique.
♦ Jihad auquel nous ne serons pas capable de résister si nous ne recouvrons pas la fierté en la civilisation occidentale.

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Un livre que vous n’êtes pas censé lire

[Encadré p.179]
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How the Catholic Church Built Western Civilization par Thomas E. Woods. Jr.; Washington. DC, Regnery, 2005.

Voici un livre que tout le monde devraient lire dans le monde occidental – catholiques comme non-catholiques. Il montre de façon frappante le nombre de caractéristiques de la vie et de la pensée occidentale qui trouvent leur origine dans l’Église catholique, et balaye la notion politiquement correcte selon laquelle toutes les traditions religieuses sont moralement équivalentes.

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Considérations de Bertrand Russell* sur l’Islam

[encadré p.173]
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« Le bolchevisme combine les caractéristiques de la révolution française avec celles de la montée en puissance de l’Islam. Marx a enseigné que le communisme était fatalement prédestiné à apparaître ; ceci produit un état d’esprit qui n’est pas très différent de celui des premiers successeurs de Mahomet. D’entre les religions, le bolchevisme doit être comparé avec le Mahométisme plutôt qu’avec le Christianisme ou le Bouddhisme. Le Christianisme et le Bouddhisme sont avant tout des religions personnelles, avec des doctrines mystiques et un amour contemplatif. Le Mahométisme et le bolchevisme sont concrets, sociaux, dénués de spiritualité et intéressés à étendre leur domination sur ce monde. »

* NdT : B. Russel était mathématicien, philosophe et pacifiste britannique ; il reçut le prix Nobel de littérature en 1950 pour l’ensemble de son œuvre, en particulier pour son engagement d’humaniste et de libre penseur.

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January 7th, 2006

Meet the Author

Robert Spencer interviewé sur FoxNews à propos de la dernière déclaration de Zawahiri: http://www.intelligencesummit.org/news/RobertSpencer/RS010606.php

They say a word about his last book, too. cool.gif

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January 6th, 2006

Pourquoi l’appel aux croisades?

[chapitre 10 complet (sans encadrés), pp. 121-132 – merci à Jonathan qui a fait le gros du boulot — Pistache]
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Selon le journaliste Amin Maalouf (dans Les Croisades vues par les arabes), le sac de Jérusalem par les croisés en 1099 représente « le point de départ de l’hostilité millénaire entre l’Islam et l’Occident ».[1] L’intellectuel et apologiste de l’Islam John Esposito développe cette notion : il reproche aux croisades (« de prétendues guerres saintes ») d’avoir, d’une manière générale, entravé une civilisation pluraliste : « Cinq siècles de coexistence pacifique s’écoulèrent avant que des événements politiques et l’intervention d’un pape impérialiste ne viennent initier plusieurs siècles de prétendues guerres saintes opposant la Chrétienté à l’Islam qui laissèrent un climat de malentendu et de méfiance perdurant jusqu’à nos jours. »[2]

Maalouf ne semble pas vouloir envisager que cette « hostilité millénaire » ait pu commencer avec la menace voilée du prophète Mohamed à l’encontre de ses voisins non musulmans, émise 450 ans avant que les croisés n’entrent dans Jérusalem: « Adoptez l’Islam et vous serez saufs. »[3] Il n’aborde pas non plus la possibilité que les Musulmans aient pu susciter cette « hostilité millénaire » par la conquête de territoires chrétiens – deux tiers de ce qui avait été jusque là le monde chrétien – des siècles avant les croisades. Les « cinq siècles de coexistence pacifique » d’Esposito sont illustrés selon lui par la conquête de Jérusalem en 638 au cours de laquelle « les églises et la population chrétiennes ne furent pas agressées. »[4] Il omet de mentionner le sermon de Noël de Sophronius en 634 qui dénonçait « la sauvage, barbare et sanglante épée » musulmane et à quel point cette épée avait rendu la vie des Chrétiens difficile.[5]

Mythe PC : Les croisades furent une attaque non provoquée de l’Europe contre le monde musulman

Faux. La conquête de Jérusalem en l’an 638 marqua le début de plusieurs siècles d’agression musulmane et d’aggravation des persécutions à l’encontre des Chrétiens de Terre Sainte. Quelques exemples : au début du VIIIe siècle, soixante pèlerins chrétiens d’Amorium furent crucifiés ; à la même époque, le gouverneur musulman de Césarée captura et exécuta un groupe de pèlerins en provenance d’Iconium sous prétexte d’espionnage (à l’exception de quelques-uns qui se convertirent à l’Islam) ; menaçant de piller l’église de la Résurrection, les Musulmans exigèrent de l’argent des pèlerins. Plus tard au VIIIe siècle, un chef musulman interdit toute exhibition de la croix dans Jérusalem. Il augmenta l’impôt religieux (jizya) à la charge des Chrétiens et interdit à ces mêmes Chrétiens d’enseigner la religion chrétienne, même à leurs propres enfants.

La soumission par la force et la violence devint la règle pour les Chrétiens vivant en Terre Sainte. En l’an 772, le calife al-Mansur ordonna que les mains des Chrétiens et des Juifs soient marquées d’un signe distinctif. Les conversions au Christianisme furent traitées de manière particulièrement brutale. En l’an 789, les Musulmans décapitèrent un moine musulman qui s’était convertit au Christianisme et saccagèrent le monastère de Saint Théodose à Bethléem, tuant plusieurs autres moines. D’autres monastères de la région subirent le même sort. Au début du IXe siècle, les persécutions s’intensifièrent à tel point qu’un grand nombre de Chrétiens s’enfuirent vers Constantinople et d’autres villes chrétiennes. En l’an 923, de nouvelles persécutions conduisirent à la destruction d’églises et, en l’an 937, pendant le dimanche des Rameaux à Jérusalem, les Musulmans pillèrent et détruisirent les églises du Calvaire et de la Résurrection.[7]

En réponse aux persécutions subies par les Chrétiens, les Byzantins passèrent d’une politique défensive à une politique offensive vis-à-vis des Musulmans, tenant de reconquérir certains de leurs territoires perdus. Dans les années 960, le général Nicéphore Phokas (futur empereur byzantin) entreprit une série de campagnes militaires victorieuses contre les Musulmans. Il reprit la Crête, la Cilicie, Chypre et même certaines parties de la Syrie. En 969, il reconquit l’antique cité chrétienne d’Antioche. Les Byzantins étendirent leur campagne en Syrie dans les années 970.[8]

Selon la théologie musulmane, tout territoire ayant appartenu au Domaine de l`Islam lui appartient à jamais, et les musulmans doivent entrer en guerre pour en récupérer le contrôle. En 974, ayant essuyé une série de défaites contre les Byzantins, le calife Abbasside (sunnite) de Bagdad déclara le jihad. Celui-ci faisait suite à une série de jihads annuels initiée par Saif al-Dawla, chef chiite de la dynastie Hamdanide à Alep entre 944 et 967. Saif al-Dawla appelait les musulmans à lutter contre les Byzantins sous prétexte que ces derniers s’emparaient de territoires appartenant au Domaine de l’Islam. Cet appel fut si populaire qu’il motiva des guerriers musulmans provenant de régions aussi lointaines que l’Asie Centrale à se joindre au jihad.[9]

Mais ce jihad fut compromis par les clivages entre Sunnites et Chiites et, en 1001, l’empereur byzantin Basile II conclut une trêve de dix ans avec le calife Fatimide (chiite).[10]

Basile apprit cependant bientôt à ses dépens que de telles trêves sont illusoires. En 1004, le sixième calife Fatimide, Abu’Ali al-Mansur al-Hakim (985-1021) se retourna violemment contre la foi de sa mère et de ses oncles chrétiens (dont deux étaient des patriarches) et organisa la destruction d’églises, l’incendie de croix et la saisie des biens de l’église. Il s’en prit également aux juifs avec la même férocité. En l’espace de dix ans, 30 000 églises furent détruites et d’innombrables Chrétiens se convertirent à l’Islam pour sauver leur vie. En 1009, al-Hakim ordonna le plus spectaculaire de ses méfaits antichrétiens : la destruction de l’église du Saint Sépulcre à Jérusalem, ainsi que de plusieurs autres (dont l’église de la Résurrection). L’église du Saint Sépulcre, reconstruite par les Byzantins au VIIe siècle après avoir été incendiée par les Perses, marque l’endroit où la tradition situe le tombeau du Christ ; elle servit aussi de modèle pour la mosquée Al-Aqsa. Al-Hakim ordonna que le tombeau qu’elle abritait soit excavé jusqu’à la roche. Il contraignit les Chrétiens à porter une lourde croix au cou (et, pour les juifs, de pesants morceaux de bois en forme de veau). Il accumula ce type de décrets humiliants [envers les non-Musulmans] jusqu’à imposer le choix entre la conversion à l’Islam ou l’exil.[11]

Finalement, ce calife fantasque modéra sa persécution des non-Musulmans et restitua même une large part des biens saisis à l’Église.[12] Une des raisons du changement d’attitude d’al-Hakim fut probablement sa prise de distance progressive avec l’orthodoxie islamique. En 1021, il disparut dans des circonstances mystérieuses ; certains de ses partisans le déclarèrent d’essence divine et fondèrent une secte basée sur le mystère de sa disparition et sur d’autres enseignements ésotériques émanant d’un religieux musulman, Muhammad ibn Isma’il al-Darazi (qui donna son nom à la secte druze).[13] Grâce au revirement d’al-Hakim, dont la nouvelle politique fut maintenue après sa mort, il fut permis aux Byzantins de reconstruire l’église du Saint Sépulcre en 1027.[14]

Néanmoins, la situation des Chrétiens était précaire et les pèlerins restaient menacés. En 1056, les Musulmans expulsèrent 300 chrétiens de Jérusalem et interdirent aux Chrétiens d’Europe de pénétrer dans l’église du Saint Sépulcre.[15] Lorsque les Turcs seldjoukides, des fanatiques forcenés, descendirent sur la région depuis l’Asie Centrale, ils y insufflèrent une nouvelle ferveur islamique, rendant la vie de plus en plus difficile à la fois pour les Chrétiens de Jérusalem et pour les pèlerins étrangers (qu’ils empêchèrent de poursuivre leur voyage). Après qu’ils eurent écrasé les forces byzantines à Manzikert en 1071 et fait prisonnier l’empereur Romain IV Diogène, l’Asie Mineure toute entière s’ouvrait à eux ; leur avance devint pratiquement irrésistible. En 1076, ils conquirent la Syrie ; en 1077, Jérusalem. L’émir seldjoukide Atsiz bin Uwaq promit d’épargner les habitants de Jérusalem, mais une fois que ses hommes eurent pénétré dans la ville, ils tuèrent trois mille personnes.[16] La même année, les Seldjoukides établirent le sultanat de Rum (Rome, en référence à la Nouvelle Rome, Constantinople) à Nicée, dangereusement proche de Constantinople elle-même. De là, ils continuèrent à menacer les Byzantins et à harceler les Chrétiens de leurs nouveaux domaines.

L’empire chrétien de Byzance, qui avant les guerres de conquête de l’Islam avait régné sur de vastes territoires comprenant le sud de l’Italie, l’Afrique du nord, le Moyen-Orient et l’Arabie, se trouvait réduit à un peu plus que la Grèce. Il semblait sur le point de mourir de la main des Seldjoukides. L’Église de Constantinople considérait les papes comme schismatiques, et se querellait avec eux depuis des siècles ; mais le nouvel empereur Alexis I Comnène (1081-1118) ravala sa fierté et appela à l’aide. Et c’est ainsi que prit naissance la première Croisade : en réponse à l’appel à l’aide de l’empereur byzantin.

Mythe PC : Les croisades constituent une première manifestation de l’impérialisme prédateur de l’Occident

Impérialisme prédateur ? Pas vraiment. Le Pape Urbain II, qui appela à la première croisade lors du concile de Clermont en 1095, ne réclamait qu’une action défensive – qui tardait depuis trop longtemps. Comme il l’expliqua, il lança cet appel parce que, sans action défensive, les Turcs et les forces musulmanes « porteraient leurs ravages plus avant ». Après avoir exhorté ses fidèles à rester en paix les uns avec les autres, il tourna leur attention vers l’Orient :

« Il est urgent, en effet, que vous vous hâtiez de marcher au secours de vos frères qui habitent en Orient, et ont grand besoin de l’aide que vous leur avez, tant de fois déjà, promise hautement. Les Turcs et les Arabes se sont précipités sur eux, ainsi que plusieurs d’entre vous l’ont certainement entendu raconter, et ont envahi les frontières de la Romanie [l’Empire byzantin], jusqu’à cet endroit de la mer Méditerranée, qu’on appelle le bras de Saint-Georges, étendant de plus en plus leurs conquêtes sur les terres des Chrétiens. Sept fois déjà ils ont vaincu ceux-ci dans des batailles, en ont pris ou tué grand nombre, ont renversé de fond en comble les églises, et ravagé tout le pays soumis à la domination chrétienne. Si vous souffrez qu’ils commettent quelque temps encore et impunément de pareils excès, ils porteront leurs ravages plus loin, et écraseront une foule de fidèles serviteurs de Dieu.C’est pourquoi je vous avertis et vous conjure, non en mon nom, mais au nom du Seigneur, vous les hérauts du Christ, d’engager par de fréquentes proclamations les Francs de tout rang, gens de pied et chevaliers, pauvres et riches, à s’empresser de secourir les adorateurs Christ, pendant qu’il en est encore temps, et de chasser loin des régions soumises à notre foi la race impie des dévastateurs. Cela, je le dis à ceux de vous qui sont présents ici, je vais le mander aux absents; mais c’est le Christ qui l’ordonne. »[17]

Soulignons que le pape ne dit pas un mot sur la conversion ou la conquête. Un appel à « chasser loin des régions soumises à notre foi la race impie des dévastateurs » résonne durement selon les standards d’aujourd’hui ; cependant, il ne s’agissait pas d’une exhortation au génocide, mais plutôt d’extirper la domination islamique de terres qui avaient appartenu aux Chrétiens. Un chroniqueur rapporte qu’Urbain prononça ces mots au début de son discours : « (…) Nous voulons vous faire connaître quelle cause douloureuse nous a amené dans vos pays, comment nous y avons été attirés par le péril qui vous menace, vous et tous les fidèles. (…). »

Des confins de Jérusalem et de la ville de Constantinople nous sont parvenus de tristes récits : souvent déjà nos oreilles en avaient été frappées; des peuples du royaume des Persans, nation maudite, nation entièrement étrangère à Dieu, race qui n’a point confié son esprit au Seigneur, a envahi en ces contrées les terres des chrétiens, les a dévastées par le fer, le pillage, l’incendie, a emmené une partie d’entre eux captifs dans son pays, en a mis d’autres misérablement à mort, a renversé de fond en comble les églises de Dieu, ou les a fait servir aux cérémonies de son culte; ces hommes renversent les autels après les avoir souillés de leurs impuretés. (…) Ils ont démembré l’empire grec, et en ont soumis à leur domination un espace qu’on ne pourrait traverser en deux mois de voyage. (…) Cette cité royale, située au milieu du monde, maintenant tenue captive par ses ennemis, est réduite en la servitude de nations ignorantes de la loi de Dieu; elle vous demande donc et souhaite sa délivrance, et ne cesse de vous implorer pour que vous veniez à son secours. C’est de vous surtout qu’elle attend de l’aide, parce qu’ainsi que nous vous l’avons dit Dieu vous a accordé, par-dessus toutes les nations, l’insigne gloire des armes: prenez donc cette route, en rémission de vos péchés, et partez assurés de la gloire impérissable qui vous attend dans le royaume des cieux.[26]

L’appel du pape évoqua la destruction de l’église du Saint Sépulcre par les Musulmans: « Soyez touchés surtout en faveur du saint sépulcre de Jésus-Christ, notre sauveur, possédé par des peuples immondes, et des saints lieux qu’ils déshonorent et souillent avec irrévérence de leurs impuretés. »[27]Les croisades prirent la forme de pèlerinages : les Chrétiens d’Europe se mirent en route motivés par des raisons religieuses et avec l’intention de se défendre si leur parcours était entravé ou s’ils étaient attaqués. Beaucoup prononcèrent leurs vœux. Surtout au début, un grand nombre de non-soldats se mirent en route vers la Terre Sainte – et la plupart des participants à cette « Croisade populaire » furent massacrés sans cérémonie par les Turcs en Asie Mineure occidentale en août 1096.

Mythe PC : Les croisades étaient motivées par l’appât du gain

Il est évident que les croisés n’étaient pas tous animés d’intentions parfaitement pures. Nombre d’entre eux ne se montrèrent pas à la hauteur des grands idéaux des pèlerins chrétiens à plusieurs égards. Mais le dogme politiquement correct qui consiste à dépeindre les croisades comme des entreprises non provoquées et impérialistes contre une population musulmane paisible est historiquement faux et procède plutôt d’une aversion pour la civilisation occidentale que d’une recherche historique sincère.

Le pape Urbain n’a jamais considéré les croisades comme une occasion de s’enrichir. Il décréta que les terres reprises aux Musulmans seraient rendues à Alexis Comnène et à l’Empire Byzantin. Le pape voyait dans les croisades un sacrifice et non une opération profitable.[28]

En fait, la participation à une croisade était une aventure ruineuse. Les croisés vendaient leurs biens pour financer ce long voyage jusqu’en Terre Sainte, tout en sachant qu’ils n’en reviendraient peut-être pas.

Pour prendre un exemple typique de croisé, Godefroi de Bouillon, duc de Basse-Lorraine, l’un des plus importants seigneurs européens qui prirent la Croix (comme on désignait alors le fait de se joindre à la croisade), vendit plusieurs de ses propriétés pour financer son voyage. Mais il avait la ferme intention de revenir dans ses terres plutôt que de s’installer au Moyen-Orient, puisqu’il ne céda ni son titre, ni la totalité de ses biens.[29]

De récentes études de documents des croisés révèlent que la grande majorité d’entre eux n’étaient pas des « cadets » cherchant fortune au Moyen-Orient. La plupart, à l’image de Godefroi, étaient des seigneurs régnant sur leur propre domaine, des hommes qui avaient tout à perdre.[30] Incontestablement, certains croisés s’enrichirent après la première croisade. Foucher de Chartres écrit : « Ceux qui étaient pauvres là-bas, ici Dieu les a rendus riches. Ceux qui n’avaient là-bas que quelques pièces possèdent ici force besants ; et ceux qui n’avaient pas même un toit, ici, par la grâce de Dieu, possèdent toute une cité. »[31] Mais la plupart de ceux qui revinrent en Europe n’y ramenèrent aucun bien matériel pour prix de leurs efforts.

Mythe PC : Les croisades furent lancées pour convertir de force les Musulmans au Christianisme

À entendre certains aficionados de la rectitude politique, les croisés envahirent le Moyen-Orient l’épée à la main et pourfendirent tous les « infidèles » qu’ils rencontrèrent, à l’exception de ceux qu’ils forcèrent à se convertir au christianisme. Mais cette version criarde des faits n’est qu’une fiction servant des objectifs politiques. Aucune des transcriptions des discours du pape Urbain au concile de Clermont ne mentionne quelque injonction que ce soit à convertir les Musulmans. La seule préoccupation du pape était de défendre les pèlerins chrétiens et de reprendre les terres chrétiennes. Ce n’est que plus d’un siècle après la première croisade que des Chrétiens européens tentèrent de convertir les Musulmans au christianisme de manière concertée, lorsque les Franciscains commencèrent à faire œuvre de missionnaires parmi les Musulmans vivant sur des terres en mains chrétiennes. Cet effort demeura cependant très infructueux.

Là où les croisés furent victorieux et établirent des royaumes et des principautés au Moyen-Orient, ils laissèrent généralement les Musulmans de leurs domaines vivre en paix, pratiquer leur religion, bâtir des mosquées et des écoles, et maintenir leurs propres tribunaux religieux. Certains ont comparé leur statut à celui réservé aux dhimmis vivant en terre d’Islam, qui conservaient une certaine autonomie mais étaient soumis à de lourds impôts et à d’autres restrictions. Il est probable que les croisés adoptèrent certaines des lois relatives à la dhimmitude déjà en place, mais jamais ils ne soumirent les Juifs ou les Musulmans à des codes vestimentaires. Juifs et Musulmans n’eurent ainsi pas subir de discriminations et de harcèlements quotidiens,[32] comme c’était la règle sous l’administration musulmane. La différence fondamentale réside dans le fait que la dhimma ne fit jamais partie des lois et doctrines chrétiennes, alors quelle fait partie intégrante de l’Islam.

En outre, le Musulman espagnol Ibn Jubayr (1145-1217), qui traversa la Méditerranée au début des années 1180 pour se rendre à La Mecque, découvrit que les Musulmans placés sous domination chrétienne vivaient mieux que dans les territoires islamiques, à tel point que les Musulmans eux-mêmes préféraient vivre sur les terres des croisés :

« Au départ de Tibnin (près de Tyr), nous traversâmes un écheveau continu de fermes et villages situés sur des terres bien cultivées. Tous les habitants étaient musulmans, mais ils vivaient à l’aise avec les Franj [Francs, ou croisés] – que Dieu les préservent de la tentation ! Ils possèdent leurs habitations et leurs biens sont respectés. Toutes les régions contrôlées par les Franj en Syrie sont soumises à ce système : propriétés foncières, villages et fermes sont restés aux mains des Musulmans. Maintenant, le doute s’empare du cœur de beaucoup de ces hommes quand ils comparent leur condition à celle de leurs frères vivant en territoire musulman. En effet, ces derniers doivent subir l’injustice de leurs coreligionnaires, alors que les Franj agissent avec équité. »[33]

Autant pour la controverse selon laquelle les croisés ne furent que des barbares qui s’attaquèrent à une civilisation largement supérieure.

* * *

1. Amin Maalouf, Les Croisades vues par les Arabes, Lattès, 1986
2. John Esposito, Islam: The Straight Path, troisième édition, Oxford: Oxford University Press, 1998, 58.
3. Bukhari, vol. 4, livre 56, no 2941.
4. Esposito, op. cité, 58.
5. Cité par Bat Ye’or, Les chrétientés d’orient entre jihad et dhimmitude (VIIe – XXe siècle), Éd. Le Cerf , 1991
7. Moshe Gil, A History of Palestine, 634-1099, Cambridge: Cambridge University Press, 1992, 473-76. À son crédit, on peut signaler que le calife al-Muqtadir fit reconstruire les églises démolies lors des persécutions de 923.
8. Steven Runciman, Histoire des croisades, Éd. Dagorno, 1998
9. Carole Hillenbrand, The Crusades: Islamic Perspectives, Oxford: Routledge, 2000, 101.
10. S. Runciman, op. cité.
11. M. Gil, op. cité, 376.
12. S. Runciman, op. cité ; Hillenbrand, op. cité, 16-17; Jonathan Riley-Smith, Les Croisades, Pygmalion, 1999
13. Bernard Lewis, Les Assassins, Éd. Complexe, 2001
14. S. Runciman, op. cité.
15. Ibid., 49.
16. M. Gil, op. cité, 412.
17. Version de Foucher de Chartres. Traduction prise dans Duc de Castrie, La conquête de la Terre sainte par les croisés, Paris, Albin, 1973, pp. 209-210. http://www.callisto.si.usherb.ca/~croisade/Clermont.htm
26. Version de Robert le Moine. Traduction prélevée dans Duc de Castries, La conquête de la Terre sainte par les croisés, Paris, Albin Michel, 1973, pp. 195-199., http://www.callisto.si.usherb.ca/~croisade/Clermont.htm
27. Ibid.
28. Ibid.
29. Thomas Madden, Croisades, Sélection du Reader’s Digest, 2005
30. Ibid.
31. Foucher de Chartres, Historia Hierosolymitana
32. Jonathan Riley-Smith, The Oxford Illustrated History of the Crusades, Oxford: Oxford University Press, 1995, 116.
33. Maalouf, op. cité

Posted by admin as Ch. 10 - Pourquoi l'appel à la croisade at 10:00 AM UTC

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January 2nd, 2006

Entre Mahomet et Jésus…

[encadré p.12]
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« Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent … »
Jésus, Évangile selon Matthieu 5-44

« Préparez, contre [ces Infidèles] tout ce que vous pourrez comme force et comme cavalerie, afin d’effrayer l’ennemi d’Allah et le vôtre, et d’autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais qu’Allah connaît … »
Mahomet, Coran 8-60

Posted by ajm as Ch. 01 - Mahomet: prophète guerrier, Enc. Entre Mahomet et Jésus at 10:10 AM UTC

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Le saviez-vous?

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♦ L’Islam n’a ni réformé ni modifié ses doctrines traditionnelles concernant le jihad.
♦ Les groupes jihadistes modernes travaillent à rétablir le califat afin d’intensifier leur guerre contre l’Occident.
♦ Ces groupes méprisent la démocratie, la considèrent comme une importation occidentale incompatible avec le califat et la charia

Posted by ajm as Ch. 15 - Le jihad se poursuit, Enc. Le saviez-vous? at 10:00 AM UTC

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Considérations d’Ibn Warraq sur l’Islam

[encadré p.11]
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« La théorie et la pratique du jihad n’ont pas été inventées par le Pentagone. (…) Elles ont été extraites du Coran, des hadiths et de la tradition islamique. La gauche occidentale, et plus particulièrement les humanistes, ont du mal à le croire. (…) La quantité de personnes qui ont écrit sur les évènements du 11 septembre sans mentionner une seule fois l’Islam est extraordinaire. Nous devons prendre au sérieux ce que disent les islamistes si nous voulons comprendre leur dessein, à savoir que c’est le devoir divin de tous les musulmans que de combattre, au sens littéral, jusqu’à ce que la loi des hommes soit remplacée par la loi de Dieu, la charia, et que la loi islamique ait conquis le monde entier. (…) Pour chaque texte que les musulmans libéraux produisent, les mollahs présentent des douzaines de contre-exemples beaucoup mieux légitimés aux niveaux exégétique, philosophique et historique. »

Posted by ajm as Ch. 01 - Mahomet: prophète guerrier, Enc. Ce que dit X de l'Islam at 10:00 AM UTC

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Entre Mahomet et Jésus

Image Hosted by ImageShack.us« Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume, les miens auraient combattu… »
Jésus, Évangile selon Jean, 18-36.

« J’ai reçu l’ordre de combattre les idolâtres sans relâche jusqu’à ce qu’ils professent qu’il n’y a d’autre divinité qu’Allah et que Mahomet est l’envoyé d’Allah… »
Mahomet, Sahîh Muslim 33 & autres*
*voir par ex. http://hadith.al-islam.com/bayan/Display.asp?Lang=frn&ID=12

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Le jihad se poursuit

Voici un test. Laquelle de ces deux déclarations date du XIe siècle, et laquelle du XXIe?

« Oh Dieu, hisse la bannière de l’Islam et de son auxiliaire et discrédite le polythéisme en ployant son échine et en brisant son emprise. Aide ceux qui font le jihad en Ton nom et qui, en T’obéissant, se sacrifient et Te vendent leur âme. (…) Puisqu’ils persistent dans l’égarement, puissent les yeux des adeptes du polythéisme devenir aveugles aux voies de la rectitude » [1]

« Nous demandons à Allah de transformer ce Ramadan en un mois de gloire, de victoire et de puissance, de hisser haut la bannière de la religion [en ce mois], de renforcer l’Islam et les Musulmans, d’humilier le polythéisme et les polythéistes, de faire flotter l’oriflamme du monothéisme, de planter fermement l’étendard du jihad et de frapper les dépravés et les entêtés. . » [2]

Le premier paragraphe est dû à l’érudit islamique du XIe siècle Ibn al-Mawsilaya. Le cheik d’al Qaida Aamer ben Abdallah composa le second en 2004.

Si vous avez échoué dans ce petit test, ne vous inquiétez pas. Après tout, les deux paragraphes sont extrêmement similaires – et ce n’est pas par accident. Les mouvements jihadistes actuels s’inspirent volontairement de l’exemple des antiques guerriers du jihad et invoquent fréquemment leur souvenir. « Pendant le mois de Ramadan », écrivait en 2001 Fouad Mukheimar, secrétaire général de l’association égyptienne de la Charia, « une importante victoire musulmane fut remportée sur les Croisés par [Salah Al-Din] Al-Ayubi (Saladin). Ses conseillers lui avaient recommandé de suspendre le jihad pendant le mois de jeûne, mais Saladin insista pour le continuer pendant le Ramadan parce qu’il savait (…) que le jeûne aide à remporter la victoire, parce que pendant le Ramadan les Musulmans se surpassent par le jeûne, et ainsi la victoire sur leurs ennemis est certaine. Le jeûne leur donne détermination, héroïsme et volonté. (…) Saladin répondit à ses conseillers : ‹ la vie est courte. › Allah apprit la loyauté [de Saladin] et celle de ses soldats, et leur donna une victoire décisive. Ils prirent la forteresse de Safed, la plus importante citadelle des croisés, au milieu du mois de jeûne. [Saladin] conquit les terres d’Al-Sham [la grande Syrie] et purgea Jérusalem de la tyrannie et de la souillure des croisés. » [3] Mukheimar fait aussi référence à la bataille de Badr et à d’autres mêlées historiques pour exhorter les Musulmans d’aujourd’hui à imiter Mahomet et Saladin et à mener eux-mêmes le jihad.

C’est l’une des principales raisons pour lesquelles les jihadistes qualifient d’ordinaire les troupes américaines de « croisés ». De leur point de vue, la guerre contre le terrorisme qui a commencé pour les Américains le 11 septembre 2001 n’est que le dernier développement d’un conflit en cours depuis plus de mille ans.

Dans quel but combattent-ils ?

Dans leur optique, ce conflit doit déboucher sur l’hégémonie de l’Islam. Pour reprendre les termes d’Oussama ben Laden, les guerriers du jihad du monde entier luttent « pour que le verbe d’Allah et sa religion règnent en maître » [4]

Ceci implique le rétablissement intégral de la loi islamique dans les pays musulmans et surtout, la restauration du califat.

Comme nous l’avons vu, le calife était (dans l’Islam sunnite) le successeur de Mahomet et le chef de la communauté musulmane; le gouvernement turc laïc mis en place par Kemal Atatürk a supprimé le califat en 1924. La théologie islamique ne fait aucune distinction entre le spirituel et le temporel et, pour les Musulmans sunnites, le calife représentait une sorte de combinaison entre un généralissime et un pape, bien qu’il n’ait jamais possédé une autorité spirituelle comparable à celle du pape. Le mécène de Michel-Ange, le pape Jules II, a ainsi l’honneur douteux de figurer dans l’Histoire en tant que l’unique « pape guerrier ». Mais en Islam, l’écrasante majorité des successeurs du prophète furent des califes guerriers.

Beaucoup de groupes jihadistes modernes font remonter le début de tous les maux du monde islamique à la désintégration de l’unité musulmane qui résulta, selon eux, de la suppression du califat.

Le début de nos peines…

Cette harangue du groupe musulman international Hizb ut-Tahrir montre la profondeur de l’anxiété que les jihadistes ressentent face à la perte du califat, dont ils attribuent la responsabilité à Kemal Atatürk, « un agent des Anglais » :

C’était un jour comme celui-ci, il y a 79 ans, et plus précisément le 3 mars 1924, que les kouffars [incroyants] purent récolter les fruits des efforts qu’ils déployèrent inlassablement durant plus de cent ans, complotant et planifiant sans relâche. Cela se produisit lorsqu’un agent anglais criminel, Mustafa Kemal (soit disant Atatürk, le « Père des Turcs » !) annonça que l’Assemblée Nationale avait consenti à abolir le Califat, et qu’il proclama l’établissement d’une république turque laïque, irréligieuse, après s’être lavé les mains de toute responsabilité quant au reste des contrées islamiques occupées par les kouffars durant la première guerre mondiale.

Depuis ce jour, la oumma islamique a connu des calamités sans nombre ; elle a été fractionnée en petits États totalement contrôlés par les ennemis de l’islam. Les Musulmans ont été opprimés et sont devenus l’objet du mépris des kouffars au Cachemire, aux Philippines, en Thaïlande, en Tchétchénie, en Irak, en Bosnie-Herzégovine, en Afghanistan, en Palestine et en d’autres territoires appartenant aux Musulmans, jusqu’à ce que le sort des Musulmans soit devenu un sujet d’études et de statistiques. Entre autres désastres, des milliers d’entre eux ont été tués, des millions spoliés, et l’honneur de dizaines de milliers d’entre eux a été sali. En lisant la presse ou en écoutant les nouvelles, on découvre toujours les Musulmans victimes de l’oppression, de l’humiliation et de massacres ; cet aspect domine tous les récits.

La oumma [la communauté musulmane, au sens large] n’est plus dans la même situation que lorsque flottait sur elle la bannière de l’Islam, lorsqu’elle était gouvernée par le système du califat qui unissait les Musulmans. Elle n’était pas divisée comme aujourd’hui par des frontières dessinées par les colonialistes kouffars, ni dispersée par des lois d’établissement oppressives. Le Musulman d’alors voyageait d’un coin à l’autre des territoires musulmans sans que personne ne lui demande son identité, ou le considère comme un étranger. Lorsque le califat existait, les Musulmans étaient témoins de la puissance de l’Islam au travers de celle du califat. Ils dirigeaient le monde sous la bannière du califat qui appliquait l’Islam et en transmettait le message – guide et lumière pour le monde. Et maintenant, où est le califat ? Il existait autrefois, mais il a été détruit et aboli en tant que système.

Ce furent des nuits cruciales que celles pendant lesquelles l’entité politique des Musulmans fut détruite. Alors, la oumma islamique aurait dû lever son glaive face à cet agent renégat qui changea le Dar-al-Islam en Dar-al-Kufr et concrétisa pour les kouffars un rêve qu’ils caressaient depuis longtemps. Mais la oumma islamique était accablée, au plus profond du déclin. C’est ainsi que le crime put avoir lieu ; les kouffars resserrèrent leur emprise sur les territoires islamiques et les mirent en pièces. Ils sectionnèrent la oumma unique en nationalités, ethnies et tribus ; ils démembrèrent le pays unique en patries et régions qu’ils séparèrent par des frontières et des barrières. Au lieu d’un seul État, le califat, ils établirent des nations artificielles, et y installèrent comme dirigeants des agents chargés d’exécuter les ordres de leurs maîtres kouffars. Ils évacuèrent la charia islamique du domaine de la politique, de l’économie, des relations internationales, des affaires domestiques et de la justice. Ils dissocièrent le deen [la foi islamique] de l’État et le cantonnèrent à certains rituels, comme ceux du Christianisme. Ils s’attachèrent à détruire la culture islamique, à exclure les idées islamiques, pour les remplacer par la culture et la pensée occidentales.

Une seule chose résoudra ce problème…

Un nouveau calife et la restauration de l’unité islamique sont les seules choses qui peuvent soigner ces maux. Allah désire, dit le document d’Hizb ut-Tahrir, « que la oumma islamique se réveille, stoppe son déclin et se rende compte que son salut ne viendra que du rétablissement du califat. » [5]

Quand les combattants jihadistes affluèrent en Irak en 2003, désireux d’en découdre avec les troupes américaines, le mollah Mustapha Krekar, guide spirituel du groupe terroriste Ansar al-Islam réfugié en Norvège [6], situa leur lutte dans un contexte religieux plus vaste : « La résistance est non seulement une réaction à l’invasion américaine, mais fait aussi partie de la lutte islamique permanente depuis l’effondrement du califat. Toutes les luttes islamiques engagées depuis lors s’inscrivent dans un effort organisé pour rétablir le califat. » [7]

Le père spirituel de tous les radicaux musulmans d’aujourd’hui, l’Égyptien Hasan al-Banna (1906-1949), dénonça la fin du califat parce qu’il séparait « l’État de la religion dans une contrée qui était jusque récemment le lieu de résidence du commandeur des croyants. » Al-Banna voyait dans la fin du califat un élément d’une plus grande « invasion occidentale, armée de toutes [les] influences destructrices de l’argent, de la richesse, du prestige, de l’ostentation, du pouvoir et de la propagande. » [8] Al-Banna mit sur pied la première association jihadiste moderne, l’organisation des Frères Musulmans.

Un autre théoricien musulman influent, Sayyid Abul Ala Maududi (1903-1979), fondateur du parti pakistanais pur et dur Jamaat-e-Islami [Parti Musulman], envisageait la création d’un État islamique unifié qui s’étendrait progressivement à tout le sous-continent indien et au-delà: «Le Parti Musulman ne manquera pas d’apporter aux citoyens d’autres pays l’appel à embrasser la foi qui contient pour eux la promesse du véritable salut et d’un authentique bonheur. Même s’il n’en est pas ainsi, dès que le Parti Musulman disposera des ressources appropriées, il éliminera les régimes non islamiques et établira un gouvernement islamique à leur place.» C’est, selon Mawdudi, exactement ce que firent Mahomet et les premiers califes. « C’est la même politique qui a été appliquée par le Saint Prophète (que la paix d’Allah soit sur lui) et ses successeurs, les illustres califes (puisse Allah être satisfait d’eux). L’Arabie, où le Parti Musulman fut fondé, fut le premier pays soumis et placé sous l’autorité de l’Islam. » [9]

La restauration du califat ainsi que l’expansion de la domination de l’Islam et de sa loi étaient également les buts visés par Oussama Ben Laden et les talibans. En 1996, le mollah Omar était drapé dans la cape de Mahomet, conservée dans un sanctuaire d’Afghanistan, pendant que les talibans le proclamaient « nouveau calife » et « Emir ul-Momineen » (« commandeur des croyants). En mai 2002, un fonctionnaire des États-Unis indiquait que leur plan consistait à « prendre le contrôle de tout le pays » afghan, puis à « étendre le califat ». [10]

Des rêves de califat en Grande-Bretagne et aux États-Unis

De telles idées circulent déjà depuis longtemps en Occident. En 1999, Abu Hamza al-Masri, alors imam de la mosquée de Finsbury Park à Londres, prit la parole lors d’une conférence consacrée à déplorer le 75e anniversaire de la destruction du califat. « L’Islam a besoin de l’épée », affirma-t-il aux 400 Musulmans présents, criant « Allahou Akbar » [Allah est le plus grand]. « Celui qui a l’épée, il aura la Terre ». [11]

Abu Hamza était proche d’Omar Bakri et de l’organisation musulmane britannique maintenant démantelée Al-Muhajiroun. Bakri proclamait son désir de voir « le drapeau noir de l’Islam » – c’est-à-dire l’étendard de bataille du jihad – « flotter au-dessus de Downing Street ». Comme Bakri et Al-Muhajiroun en Grande-Bretagne, Shaker Assem et le Parti de la Libération Islamique (Hizb ut-Tahrir) œuvrent en Allemagne au rétablissement du califat et à l’instauration de la charia. Comme le déclare Assem, « les gens qui disent qu’il y a antagonisme entre la charia et la démocratie occidentale ont raison ». [12]

Et en Amérique ? Recueillons donc l’avis du principal lobby musulman d’Amérique, le Conseil des relations américano-islamiques (Council on American-Islamic Relations, CAIR). Son président Omar Ahmad tint ce discours à une assistance musulmane en 1998 : « l’Islam n’est pas en Amérique pour y devenir l’égal des autres confessions, mais pour y devenir la foi dominante. Le Coran (…) doit devenir la plus haute autorité en Amérique, et l’Islam la seule religion tolérée sur terre. » [13] Ahmad a depuis lors prétendu avoir été mal cité, ce que réfute la journaliste qui l’a entendu.[14] Le porte-parole du CAIR, Ibrahim Hooper, fut presque aussi direct qu’Ahmad, indiquant au Minneapolis Star Tribune : « Je ne voudrais pas donner l’impression que je ne souhaite pas que le gouvernement des États-Unis devienne islamique un jour ou l’autre. Mais je ne ferai rien de violent pour encourager cela. J’agirai par l’éducation. » [15]

Par l’éducation, pas par la violence, dites-vous, M. Hooper? Merci, nous voilà soulagés.

Khomeiny à Dearborn et Dallas

En novembre 2004, à Dearborn, Michigan, des Musulmans organisèrent une manifestation anti-américaine et anti-israélienne. Les manifestants promenèrent une grande maquette de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, et arborèrent des pancartes ornées de slogans tels que « États-Unis, pas touche aux terres musulmanes. » Mais l’image la plus interpellante était celle de deux Musulmanes portant un grand portrait de l’ayatollah Rouhollah Khomeiny.

Le mois suivant, l’Organisation des Musulmans de Metroplex [16], au nord du Texas, rendit un « hommage au grand visionnaire islamique », l’ayatollah Khomeiny, à Irving, un faubourg de Dallas, au Texas. [17]

Khomeiny, un héros ? Aux États-Unis? Que des Musulmans vivant en Amérique le vénèrent est révélateur, car la victoire de Khomeiny en Iran en 1979 incarna l’idée que la loi islamique est supérieure à toute autre et doit être imposée par la force. Selon les mots de Khomeiny lui-même, « de par l’Islam, il incombe à tous les mâles adultes, s’ils ne sont pas handicapés ou invalides, de se préparer à la conquête, de sorte que le mandat de l’Islam soit respecté dans chaque pays du monde. Ceux qui étudient la guerre sainte islamique comprendront pourquoi l’Islam veut conquérir le monde entier. » Le but de cette conquête serait d’établir l’hégémonie de la loi islamique. Comme Khomeiny le dit : « Quel bien cela ferait-il que nous (c.-à-d. les Mollah) demandions que la main du voleur soit coupée, ou que la femme adultère soit lapidée, si nous (les mollah) ne pouvons que conseiller de telles punitions et n’avons pas le pouvoir de les mettre en application ? »

Puis il infligea un démenti flagrant à la foule des partisans bêlant de l’Islam-religion-de-paix : « Ceux qui ne connaissent rien à l’Islam prétendent que l’Islam déconseille de faire la guerre. Ceux [qui disent cela] sont des sots. L’Islam dit : Tuez tous les infidèles tout comme ils vous tueraient tous ! Cela signifie-t-il que les Musulmans devraient attendre d’être submergés [par les Infidèles]? L’Islam dit : Tuez-les, passez-les par le fil de l’épée et dispersez [leurs armées] (…) L’Islam dit : Quelque bien qui soit existe grâce à l’épée et à l’ombre de l’épée ! On ne peut faire obéir les gens qu’avec l’épée ! L’épée est la clef du paradis, qui ne peut être ouvert que pour les guerriers saints ! Il y a des centaines d’autres versets [coraniques] et de hadiths [paroles du prophète] invitant les Musulmans à tenir la guerre en estime et à combattre. Tout ceci signifie-t-il que l’Islam est une religion qui empêche les hommes de faire la guerre? Je crache sur les âmes stupides qui font pareille allégation. » [18]

L’état basé sur la charia qu’envisageait Khomeiny n’était pas de ceux qui garantissent des droits égaux pour tous. En 1985, Saeed Rajai Khorassani, le délégué permanent aux Nations unies de la République islamique d’Iran, déclarait que « le concept même des droits de l’homme était “une invention Judéo-chrétienne” et inadmissible dans l’Islam. (…) selon l’ayatollah Khomeiny, le fait que l’Iran ait fait partie du groupe de nations pionnières ayant rédigé et approuvé la déclaration universelle des droits de l’homme était un ‹des plus ignobles› péchés du shah.» [19]

Les manifestations pro-Khomeiny de Dearborn et Dallas indiquent que les vues de l’ayatollah sur la société sont bien vivantes dans l’Amérique d’aujourd’hui. Et qu’il est dangereusement naïf de supposer que tous les Musulmans acceptent automatiquement et sans remise en question le pluralisme américain et l’idée d’un État qui ne soit pas régi par la loi religieuse. Où les Musulmans américains se situent-ils quant à la doctrine de Khomeiny – et combien d’entre eux y adhèrent ? Ces questions restent taboues dans les principaux médias. Mais si le vieil homme du portrait de Dearborn pouvait parler, il se pourrait qu’il dise : « Ignorez-moi à vos risques et périls. »

Une petite minorité d’extrémistes?

Donc, certains Musulmans veulent instaurer des gouvernements islamiques en Occident. Mais ils ne forment qu’une minuscule minorité ? La plupart des Musulmans vivant en Occident se plaisent dans la société occidentale… non ?

L’expert en terrorisme Daniel Pipes estime que 10 à 15% des Musulmans dans le monde approuvent les ambitions des jihadistes. [20] Mais, dans diverses régions du monde islamique, des signes indiquent que le nombre réel des défenseurs du jihad moderne pourrait être plus élevé. Le leader musulman modéré américain Kamal Nawash affirma durant l’émission « The O’Reilly Factor » en août 2004 que 50% des Musulmans dans le monde soutiennent le jihad. [21] Pendant un procès relatif au financement du terrorisme en février 2005, Bernard Haykel, professeur en recherches islamiques à l’université de New York, déclara : « Il y a plus d’un milliard de Musulmans dans le monde arabe (*), dont 90% supportent le Hamas » [22] – l’organisation islamique terroriste qui envoie des bombes humaines tuer des civils dans les autobus et les restaurants pour faire avancer la cause d’un État islamique palestinien. Imran Waheed, le porte-parole londonien du groupe international jihadiste « pacifique » Hizb ut-Tahrir avança en mai 2005 : « Je crois que 99% des Musulmans où qu’ils soient dans le monde désirent la même chose, un califat pour les diriger. » [23]

Selon un sondage effectué au Pakistan en 2004 par le Pew Research Center, « 65% des personnes interrogées sont partisans d’Oussama et une majorité relative de 47% estiment que les attentats suicides palestiniens contre les Israéliens sont justifiés. En outre, 46% pensent que les attaques d’occidentaux en Irak sont légitimes. »[24]

Rétablissement de l’unité musulmane

Un des principaux regrets de l’ Hizb ut-Tahrir est le manque d’unité des Musulmans ; à la bonne vieille époque du califat, la oumma [communauté] musulmane « n’était pas divisée comme aujourd’hui par des frontières dessinées par les colonialistes kouffars ».

Les jihadistes considèrent cette unité comme essentielle, en partie parce que le triomphe de Saladin sur les croisés n’eut lieu qu’après qu’il eut regroupé la majeure partie du monde musulman. Avant Saladin, les croisés avaient pu jouer sur les dissensions entre les abbassides sunnites de Bagdad et les fatimides chiites du Caire, entrant même dans de perfides alliances avec les uns contre les autres. Mais en 1171, Saladin permit que l’appel à la prière résonne à travers le Caire au nom du calife abbasside ; les fatimides furent renversés, et le monde islamique réunifié. [25] Certaines des victoires les plus retentissantes remportées sur les croisés ne furent possibles que grâce à cette unité, et les jihadistes d’aujourd’hui n’ont pas oublié cette leçon.

__________

[1] Cité par Carole Hillenbrand, “The Crusades: Islamic Perspectives”, Oxford: Routledge, 2000, p.165.
[2] Institut de recherche médiatique du Moyen-Orient (MEMRI), «Le magazine Internet Sawt Al-Djihad appelle à l’intensification du combat pendant le mois de Ramadan, ‹mois du djihad›», Dépêche spéciale N° 804, 22 octobre 2004. http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=subjects&Area=jihad&ID=SP80404#_edn1
[3] Institut de recherche médiatique du Moyen-Orient (MEMRI), «Un religieux égyptien: ‹Le Ramadan, mois du djihad›», Dépêche spéciale N° 308, 5 décembre 2001. http://memri.org/bin/french/opener.cgi?Page=archives&ID=SP30801
[4] “Full text: bin Laden’s ‘letter to America,'” Guardian, 24 novembre 2002 http://observer.guardian.co.uk/worldview/story/0,11581,845725,00.html
[5] Hizb ut-Tahrir, “The Khilafah was destroyed in Turkey 79 years ago; so let the Righteous Khilafah be declared again in Turkey”, 22 février 2003.
[6] Mustapha Krekar y fait actuellement l’objet d’une procédure d’expulsion (NdT)
[7] Neil MacFarquhar, “Rising Tide of Islamic Militants See Iraq as Ultimate Battlefield,” New York Times, August 13, 2003.
http://www.hvk.org/articles/0803/128.html
[8] Brynjar Lia, The Society of the Muslim Brothers in Egypt (Ithaca, NY: Ithaca Press, 1998), 28.
[9] Syed Abul Ala Maududi, “Jihad in Islam,” Discours prononcé à Lahore, 13 avril 1939
[10] Craig Pyes, Josh Meyer, and William C. Rempel, “Officials Reveal Bin Laden Plan,” Los Angeles Times, 18 mai 2002.
[11] Daniel Simpson, “British Moslem radicals urge Islamic fightback”, Reuters, 6 mars 1999
[12] Steve Zwick, “The Thinker”, in “The Many Faces of Islam,” Time Europe, 16 décembre 2002. http://www.time.com/time/europe/magazine/article/0,13005,901021216-397459,00.html
[13] Lisa Gardiner, “American Muslim leader urges faithful to spread Islam’s message,” San Ramon Valley Herald, July 4, 1998 http://www.danielpipes.org/394.pdf
[14] Art Moore, “Should Muslim Quran be USA’s top authority?” World-NetDaily.com, 1er mai 2003. http://www.worldnetdaily.com/news/article.asp?ARTICLE_ID=32341
[15] John Perazzo, “Hamas and Hizzoner,” FrontPageMagazine.com, 5 mars 2003. http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=6473
[16] La liaison routière entre Dallas et Fort Worth forme l’axe d’une conurbation nommée Metroplex, composée de plus de trente municipalités jointives. Dallas compte près de 1,2 million d’habitants et Fort Worth plus de 500 000, mais avec les villes voisines, Metroplex totalise plus de cinq millions deux cent mille personnes. (NdT)
[17] The Dallas News blog, 17 décembre 2004
[18] Cité par Amir Taheri, Holy Terror: Inside the World of Islamic Terrorism (New York: Adler & Adler, 1987), 241-43.
[19] Cité par Amir Taheri, The Spirit of Allah: Khomeini and the Islamic Revolution (New York: Adler and Adler, 1986), 20, 45.
[20] Daniel Pipes, “Advancing U.S. National Interests Through Effective Counterterrorism,” Testimony presented to Secretary’s Open Forum, Department of State, January 30, 2002. http://www.danielpipes.org/article/428
[21] “O’Reilly Factor Flash,” August 5, 2004, http://www.billoreilly.com/pg/jsp/general/genericpage.jsp?pageID=368
[22] William Glaberson, “Defense in Terror Trial Paints a Rosier Picture of ‘Jihad,'” New York Times, 25 février 2005 http://www.nytimes.com/2005/02/25/nyregion/25sheik.html?ex=1267074000&en=6f1459fba8b0ab1a&ei=5088&partner=rssnyt
[23] Kathy Gannon, “Radical Islamic Group Growing in Asia,” Associated Press, 1er mai 2005
[24] Khalid A-H Ansari, “65% Pakistanis support Osama, says report”, Mid-Day, 27 mars 2004. http://web.mid-day.com/news/world/2004/march/79639.htm
[25] Voir notamment Bernard Lewis, “Les Assassins” (Éditions Complexe, mai 2001)

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Un livre que vous n’êtes pas censé lire

[Encadré p.16]
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« La vie de Mohammed : Une traduction de la Sirat Rasul Allah d’Ibn Ishaq », d’Alfred Guillaume, Oxford University Press, 1955

Une traduction en anglais de la biographie la plus ancienne de Mahomet, écrite par un pieux musulman. Pratiquement chaque page présente une réfutation dévastatrice du Mahomet javellisé et paisible décrit par le mythe du « politiquement correct ».

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Considérations de John Wesley* sur l’Islam

Image Hosted by ImageShack.us« Depuis que la religion de l’Islam est apparue dans le monde, ses adeptes (…) sont comme autant de loups et tigres pour toutes les autres nations, déchirant et déchiquetant tous ceux qui tombent dans leurs griffes impitoyables, et les écrasant entre des mâchoires de fer ; toutes ces villes rasées jusqu’aux fondations, dont seuls restent les noms ; toutes ces contrées, autrefois jardins de Dieu, aujourd’hui régions sauvages et désolées ; et toutes ces nations, jadis populeuses et puissantes, disparues de la Terre ! Tel furent et restent à ce jour la rage, la fureur, l’esprit vengeur de ces destructeurs de l’espèce humaine. »

La Doctrine du Pêché Originel, Œuvres (1841), ix. 205

*John Wesley [1703-1791] fut le fondateur de l’Eglise Méthodiste (NdT)

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