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January 2nd, 2006

Considérations d’Ibn Warraq sur l’Islam

[encadré p.11]
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« La théorie et la pratique du jihad n’ont pas été inventées par le Pentagone. (…) Elles ont été extraites du Coran, des hadiths et de la tradition islamique. La gauche occidentale, et plus particulièrement les humanistes, ont du mal à le croire. (…) La quantité de personnes qui ont écrit sur les évènements du 11 septembre sans mentionner une seule fois l’Islam est extraordinaire. Nous devons prendre au sérieux ce que disent les islamistes si nous voulons comprendre leur dessein, à savoir que c’est le devoir divin de tous les musulmans que de combattre, au sens littéral, jusqu’à ce que la loi des hommes soit remplacée par la loi de Dieu, la charia, et que la loi islamique ait conquis le monde entier. (…) Pour chaque texte que les musulmans libéraux produisent, les mollahs présentent des douzaines de contre-exemples beaucoup mieux légitimés aux niveaux exégétique, philosophique et historique. »

Posted by ajm as Ch. 01 - Mahomet: prophète guerrier, Enc. Ce que dit X de l'Islam at 10:00 AM UTC

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Entre Mahomet et Jésus

Image Hosted by ImageShack.us« Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume, les miens auraient combattu… »
Jésus, Évangile selon Jean, 18-36.

« J’ai reçu l’ordre de combattre les idolâtres sans relâche jusqu’à ce qu’ils professent qu’il n’y a d’autre divinité qu’Allah et que Mahomet est l’envoyé d’Allah… »
Mahomet, Sahîh Muslim 33 & autres*
*voir par ex. http://hadith.al-islam.com/bayan/Display.asp?Lang=frn&ID=12

Posted by ajm as Ch. 15 - Le jihad se poursuit, Enc. Entre Mahomet et Jésus at 10:00 AM UTC

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Le jihad se poursuit

Voici un test. Laquelle de ces deux déclarations date du XIe siècle, et laquelle du XXIe?

« Oh Dieu, hisse la bannière de l’Islam et de son auxiliaire et discrédite le polythéisme en ployant son échine et en brisant son emprise. Aide ceux qui font le jihad en Ton nom et qui, en T’obéissant, se sacrifient et Te vendent leur âme. (…) Puisqu’ils persistent dans l’égarement, puissent les yeux des adeptes du polythéisme devenir aveugles aux voies de la rectitude » [1]

« Nous demandons à Allah de transformer ce Ramadan en un mois de gloire, de victoire et de puissance, de hisser haut la bannière de la religion [en ce mois], de renforcer l’Islam et les Musulmans, d’humilier le polythéisme et les polythéistes, de faire flotter l’oriflamme du monothéisme, de planter fermement l’étendard du jihad et de frapper les dépravés et les entêtés. . » [2]

Le premier paragraphe est dû à l’érudit islamique du XIe siècle Ibn al-Mawsilaya. Le cheik d’al Qaida Aamer ben Abdallah composa le second en 2004.

Si vous avez échoué dans ce petit test, ne vous inquiétez pas. Après tout, les deux paragraphes sont extrêmement similaires – et ce n’est pas par accident. Les mouvements jihadistes actuels s’inspirent volontairement de l’exemple des antiques guerriers du jihad et invoquent fréquemment leur souvenir. « Pendant le mois de Ramadan », écrivait en 2001 Fouad Mukheimar, secrétaire général de l’association égyptienne de la Charia, « une importante victoire musulmane fut remportée sur les Croisés par [Salah Al-Din] Al-Ayubi (Saladin). Ses conseillers lui avaient recommandé de suspendre le jihad pendant le mois de jeûne, mais Saladin insista pour le continuer pendant le Ramadan parce qu’il savait (…) que le jeûne aide à remporter la victoire, parce que pendant le Ramadan les Musulmans se surpassent par le jeûne, et ainsi la victoire sur leurs ennemis est certaine. Le jeûne leur donne détermination, héroïsme et volonté. (…) Saladin répondit à ses conseillers : ‹ la vie est courte. › Allah apprit la loyauté [de Saladin] et celle de ses soldats, et leur donna une victoire décisive. Ils prirent la forteresse de Safed, la plus importante citadelle des croisés, au milieu du mois de jeûne. [Saladin] conquit les terres d’Al-Sham [la grande Syrie] et purgea Jérusalem de la tyrannie et de la souillure des croisés. » [3] Mukheimar fait aussi référence à la bataille de Badr et à d’autres mêlées historiques pour exhorter les Musulmans d’aujourd’hui à imiter Mahomet et Saladin et à mener eux-mêmes le jihad.

C’est l’une des principales raisons pour lesquelles les jihadistes qualifient d’ordinaire les troupes américaines de « croisés ». De leur point de vue, la guerre contre le terrorisme qui a commencé pour les Américains le 11 septembre 2001 n’est que le dernier développement d’un conflit en cours depuis plus de mille ans.

Dans quel but combattent-ils ?

Dans leur optique, ce conflit doit déboucher sur l’hégémonie de l’Islam. Pour reprendre les termes d’Oussama ben Laden, les guerriers du jihad du monde entier luttent « pour que le verbe d’Allah et sa religion règnent en maître » [4]

Ceci implique le rétablissement intégral de la loi islamique dans les pays musulmans et surtout, la restauration du califat.

Comme nous l’avons vu, le calife était (dans l’Islam sunnite) le successeur de Mahomet et le chef de la communauté musulmane; le gouvernement turc laïc mis en place par Kemal Atatürk a supprimé le califat en 1924. La théologie islamique ne fait aucune distinction entre le spirituel et le temporel et, pour les Musulmans sunnites, le calife représentait une sorte de combinaison entre un généralissime et un pape, bien qu’il n’ait jamais possédé une autorité spirituelle comparable à celle du pape. Le mécène de Michel-Ange, le pape Jules II, a ainsi l’honneur douteux de figurer dans l’Histoire en tant que l’unique « pape guerrier ». Mais en Islam, l’écrasante majorité des successeurs du prophète furent des califes guerriers.

Beaucoup de groupes jihadistes modernes font remonter le début de tous les maux du monde islamique à la désintégration de l’unité musulmane qui résulta, selon eux, de la suppression du califat.

Le début de nos peines…

Cette harangue du groupe musulman international Hizb ut-Tahrir montre la profondeur de l’anxiété que les jihadistes ressentent face à la perte du califat, dont ils attribuent la responsabilité à Kemal Atatürk, « un agent des Anglais » :

C’était un jour comme celui-ci, il y a 79 ans, et plus précisément le 3 mars 1924, que les kouffars [incroyants] purent récolter les fruits des efforts qu’ils déployèrent inlassablement durant plus de cent ans, complotant et planifiant sans relâche. Cela se produisit lorsqu’un agent anglais criminel, Mustafa Kemal (soit disant Atatürk, le « Père des Turcs » !) annonça que l’Assemblée Nationale avait consenti à abolir le Califat, et qu’il proclama l’établissement d’une république turque laïque, irréligieuse, après s’être lavé les mains de toute responsabilité quant au reste des contrées islamiques occupées par les kouffars durant la première guerre mondiale.

Depuis ce jour, la oumma islamique a connu des calamités sans nombre ; elle a été fractionnée en petits États totalement contrôlés par les ennemis de l’islam. Les Musulmans ont été opprimés et sont devenus l’objet du mépris des kouffars au Cachemire, aux Philippines, en Thaïlande, en Tchétchénie, en Irak, en Bosnie-Herzégovine, en Afghanistan, en Palestine et en d’autres territoires appartenant aux Musulmans, jusqu’à ce que le sort des Musulmans soit devenu un sujet d’études et de statistiques. Entre autres désastres, des milliers d’entre eux ont été tués, des millions spoliés, et l’honneur de dizaines de milliers d’entre eux a été sali. En lisant la presse ou en écoutant les nouvelles, on découvre toujours les Musulmans victimes de l’oppression, de l’humiliation et de massacres ; cet aspect domine tous les récits.

La oumma [la communauté musulmane, au sens large] n’est plus dans la même situation que lorsque flottait sur elle la bannière de l’Islam, lorsqu’elle était gouvernée par le système du califat qui unissait les Musulmans. Elle n’était pas divisée comme aujourd’hui par des frontières dessinées par les colonialistes kouffars, ni dispersée par des lois d’établissement oppressives. Le Musulman d’alors voyageait d’un coin à l’autre des territoires musulmans sans que personne ne lui demande son identité, ou le considère comme un étranger. Lorsque le califat existait, les Musulmans étaient témoins de la puissance de l’Islam au travers de celle du califat. Ils dirigeaient le monde sous la bannière du califat qui appliquait l’Islam et en transmettait le message – guide et lumière pour le monde. Et maintenant, où est le califat ? Il existait autrefois, mais il a été détruit et aboli en tant que système.

Ce furent des nuits cruciales que celles pendant lesquelles l’entité politique des Musulmans fut détruite. Alors, la oumma islamique aurait dû lever son glaive face à cet agent renégat qui changea le Dar-al-Islam en Dar-al-Kufr et concrétisa pour les kouffars un rêve qu’ils caressaient depuis longtemps. Mais la oumma islamique était accablée, au plus profond du déclin. C’est ainsi que le crime put avoir lieu ; les kouffars resserrèrent leur emprise sur les territoires islamiques et les mirent en pièces. Ils sectionnèrent la oumma unique en nationalités, ethnies et tribus ; ils démembrèrent le pays unique en patries et régions qu’ils séparèrent par des frontières et des barrières. Au lieu d’un seul État, le califat, ils établirent des nations artificielles, et y installèrent comme dirigeants des agents chargés d’exécuter les ordres de leurs maîtres kouffars. Ils évacuèrent la charia islamique du domaine de la politique, de l’économie, des relations internationales, des affaires domestiques et de la justice. Ils dissocièrent le deen [la foi islamique] de l’État et le cantonnèrent à certains rituels, comme ceux du Christianisme. Ils s’attachèrent à détruire la culture islamique, à exclure les idées islamiques, pour les remplacer par la culture et la pensée occidentales.

Une seule chose résoudra ce problème…

Un nouveau calife et la restauration de l’unité islamique sont les seules choses qui peuvent soigner ces maux. Allah désire, dit le document d’Hizb ut-Tahrir, « que la oumma islamique se réveille, stoppe son déclin et se rende compte que son salut ne viendra que du rétablissement du califat. » [5]

Quand les combattants jihadistes affluèrent en Irak en 2003, désireux d’en découdre avec les troupes américaines, le mollah Mustapha Krekar, guide spirituel du groupe terroriste Ansar al-Islam réfugié en Norvège [6], situa leur lutte dans un contexte religieux plus vaste : « La résistance est non seulement une réaction à l’invasion américaine, mais fait aussi partie de la lutte islamique permanente depuis l’effondrement du califat. Toutes les luttes islamiques engagées depuis lors s’inscrivent dans un effort organisé pour rétablir le califat. » [7]

Le père spirituel de tous les radicaux musulmans d’aujourd’hui, l’Égyptien Hasan al-Banna (1906-1949), dénonça la fin du califat parce qu’il séparait « l’État de la religion dans une contrée qui était jusque récemment le lieu de résidence du commandeur des croyants. » Al-Banna voyait dans la fin du califat un élément d’une plus grande « invasion occidentale, armée de toutes [les] influences destructrices de l’argent, de la richesse, du prestige, de l’ostentation, du pouvoir et de la propagande. » [8] Al-Banna mit sur pied la première association jihadiste moderne, l’organisation des Frères Musulmans.

Un autre théoricien musulman influent, Sayyid Abul Ala Maududi (1903-1979), fondateur du parti pakistanais pur et dur Jamaat-e-Islami [Parti Musulman], envisageait la création d’un État islamique unifié qui s’étendrait progressivement à tout le sous-continent indien et au-delà: «Le Parti Musulman ne manquera pas d’apporter aux citoyens d’autres pays l’appel à embrasser la foi qui contient pour eux la promesse du véritable salut et d’un authentique bonheur. Même s’il n’en est pas ainsi, dès que le Parti Musulman disposera des ressources appropriées, il éliminera les régimes non islamiques et établira un gouvernement islamique à leur place.» C’est, selon Mawdudi, exactement ce que firent Mahomet et les premiers califes. « C’est la même politique qui a été appliquée par le Saint Prophète (que la paix d’Allah soit sur lui) et ses successeurs, les illustres califes (puisse Allah être satisfait d’eux). L’Arabie, où le Parti Musulman fut fondé, fut le premier pays soumis et placé sous l’autorité de l’Islam. » [9]

La restauration du califat ainsi que l’expansion de la domination de l’Islam et de sa loi étaient également les buts visés par Oussama Ben Laden et les talibans. En 1996, le mollah Omar était drapé dans la cape de Mahomet, conservée dans un sanctuaire d’Afghanistan, pendant que les talibans le proclamaient « nouveau calife » et « Emir ul-Momineen » (« commandeur des croyants). En mai 2002, un fonctionnaire des États-Unis indiquait que leur plan consistait à « prendre le contrôle de tout le pays » afghan, puis à « étendre le califat ». [10]

Des rêves de califat en Grande-Bretagne et aux États-Unis

De telles idées circulent déjà depuis longtemps en Occident. En 1999, Abu Hamza al-Masri, alors imam de la mosquée de Finsbury Park à Londres, prit la parole lors d’une conférence consacrée à déplorer le 75e anniversaire de la destruction du califat. « L’Islam a besoin de l’épée », affirma-t-il aux 400 Musulmans présents, criant « Allahou Akbar » [Allah est le plus grand]. « Celui qui a l’épée, il aura la Terre ». [11]

Abu Hamza était proche d’Omar Bakri et de l’organisation musulmane britannique maintenant démantelée Al-Muhajiroun. Bakri proclamait son désir de voir « le drapeau noir de l’Islam » – c’est-à-dire l’étendard de bataille du jihad – « flotter au-dessus de Downing Street ». Comme Bakri et Al-Muhajiroun en Grande-Bretagne, Shaker Assem et le Parti de la Libération Islamique (Hizb ut-Tahrir) œuvrent en Allemagne au rétablissement du califat et à l’instauration de la charia. Comme le déclare Assem, « les gens qui disent qu’il y a antagonisme entre la charia et la démocratie occidentale ont raison ». [12]

Et en Amérique ? Recueillons donc l’avis du principal lobby musulman d’Amérique, le Conseil des relations américano-islamiques (Council on American-Islamic Relations, CAIR). Son président Omar Ahmad tint ce discours à une assistance musulmane en 1998 : « l’Islam n’est pas en Amérique pour y devenir l’égal des autres confessions, mais pour y devenir la foi dominante. Le Coran (…) doit devenir la plus haute autorité en Amérique, et l’Islam la seule religion tolérée sur terre. » [13] Ahmad a depuis lors prétendu avoir été mal cité, ce que réfute la journaliste qui l’a entendu.[14] Le porte-parole du CAIR, Ibrahim Hooper, fut presque aussi direct qu’Ahmad, indiquant au Minneapolis Star Tribune : « Je ne voudrais pas donner l’impression que je ne souhaite pas que le gouvernement des États-Unis devienne islamique un jour ou l’autre. Mais je ne ferai rien de violent pour encourager cela. J’agirai par l’éducation. » [15]

Par l’éducation, pas par la violence, dites-vous, M. Hooper? Merci, nous voilà soulagés.

Khomeiny à Dearborn et Dallas

En novembre 2004, à Dearborn, Michigan, des Musulmans organisèrent une manifestation anti-américaine et anti-israélienne. Les manifestants promenèrent une grande maquette de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, et arborèrent des pancartes ornées de slogans tels que « États-Unis, pas touche aux terres musulmanes. » Mais l’image la plus interpellante était celle de deux Musulmanes portant un grand portrait de l’ayatollah Rouhollah Khomeiny.

Le mois suivant, l’Organisation des Musulmans de Metroplex [16], au nord du Texas, rendit un « hommage au grand visionnaire islamique », l’ayatollah Khomeiny, à Irving, un faubourg de Dallas, au Texas. [17]

Khomeiny, un héros ? Aux États-Unis? Que des Musulmans vivant en Amérique le vénèrent est révélateur, car la victoire de Khomeiny en Iran en 1979 incarna l’idée que la loi islamique est supérieure à toute autre et doit être imposée par la force. Selon les mots de Khomeiny lui-même, « de par l’Islam, il incombe à tous les mâles adultes, s’ils ne sont pas handicapés ou invalides, de se préparer à la conquête, de sorte que le mandat de l’Islam soit respecté dans chaque pays du monde. Ceux qui étudient la guerre sainte islamique comprendront pourquoi l’Islam veut conquérir le monde entier. » Le but de cette conquête serait d’établir l’hégémonie de la loi islamique. Comme Khomeiny le dit : « Quel bien cela ferait-il que nous (c.-à-d. les Mollah) demandions que la main du voleur soit coupée, ou que la femme adultère soit lapidée, si nous (les mollah) ne pouvons que conseiller de telles punitions et n’avons pas le pouvoir de les mettre en application ? »

Puis il infligea un démenti flagrant à la foule des partisans bêlant de l’Islam-religion-de-paix : « Ceux qui ne connaissent rien à l’Islam prétendent que l’Islam déconseille de faire la guerre. Ceux [qui disent cela] sont des sots. L’Islam dit : Tuez tous les infidèles tout comme ils vous tueraient tous ! Cela signifie-t-il que les Musulmans devraient attendre d’être submergés [par les Infidèles]? L’Islam dit : Tuez-les, passez-les par le fil de l’épée et dispersez [leurs armées] (…) L’Islam dit : Quelque bien qui soit existe grâce à l’épée et à l’ombre de l’épée ! On ne peut faire obéir les gens qu’avec l’épée ! L’épée est la clef du paradis, qui ne peut être ouvert que pour les guerriers saints ! Il y a des centaines d’autres versets [coraniques] et de hadiths [paroles du prophète] invitant les Musulmans à tenir la guerre en estime et à combattre. Tout ceci signifie-t-il que l’Islam est une religion qui empêche les hommes de faire la guerre? Je crache sur les âmes stupides qui font pareille allégation. » [18]

L’état basé sur la charia qu’envisageait Khomeiny n’était pas de ceux qui garantissent des droits égaux pour tous. En 1985, Saeed Rajai Khorassani, le délégué permanent aux Nations unies de la République islamique d’Iran, déclarait que « le concept même des droits de l’homme était “une invention Judéo-chrétienne” et inadmissible dans l’Islam. (…) selon l’ayatollah Khomeiny, le fait que l’Iran ait fait partie du groupe de nations pionnières ayant rédigé et approuvé la déclaration universelle des droits de l’homme était un ‹des plus ignobles› péchés du shah.» [19]

Les manifestations pro-Khomeiny de Dearborn et Dallas indiquent que les vues de l’ayatollah sur la société sont bien vivantes dans l’Amérique d’aujourd’hui. Et qu’il est dangereusement naïf de supposer que tous les Musulmans acceptent automatiquement et sans remise en question le pluralisme américain et l’idée d’un État qui ne soit pas régi par la loi religieuse. Où les Musulmans américains se situent-ils quant à la doctrine de Khomeiny – et combien d’entre eux y adhèrent ? Ces questions restent taboues dans les principaux médias. Mais si le vieil homme du portrait de Dearborn pouvait parler, il se pourrait qu’il dise : « Ignorez-moi à vos risques et périls. »

Une petite minorité d’extrémistes?

Donc, certains Musulmans veulent instaurer des gouvernements islamiques en Occident. Mais ils ne forment qu’une minuscule minorité ? La plupart des Musulmans vivant en Occident se plaisent dans la société occidentale… non ?

L’expert en terrorisme Daniel Pipes estime que 10 à 15% des Musulmans dans le monde approuvent les ambitions des jihadistes. [20] Mais, dans diverses régions du monde islamique, des signes indiquent que le nombre réel des défenseurs du jihad moderne pourrait être plus élevé. Le leader musulman modéré américain Kamal Nawash affirma durant l’émission « The O’Reilly Factor » en août 2004 que 50% des Musulmans dans le monde soutiennent le jihad. [21] Pendant un procès relatif au financement du terrorisme en février 2005, Bernard Haykel, professeur en recherches islamiques à l’université de New York, déclara : « Il y a plus d’un milliard de Musulmans dans le monde arabe (*), dont 90% supportent le Hamas » [22] – l’organisation islamique terroriste qui envoie des bombes humaines tuer des civils dans les autobus et les restaurants pour faire avancer la cause d’un État islamique palestinien. Imran Waheed, le porte-parole londonien du groupe international jihadiste « pacifique » Hizb ut-Tahrir avança en mai 2005 : « Je crois que 99% des Musulmans où qu’ils soient dans le monde désirent la même chose, un califat pour les diriger. » [23]

Selon un sondage effectué au Pakistan en 2004 par le Pew Research Center, « 65% des personnes interrogées sont partisans d’Oussama et une majorité relative de 47% estiment que les attentats suicides palestiniens contre les Israéliens sont justifiés. En outre, 46% pensent que les attaques d’occidentaux en Irak sont légitimes. »[24]

Rétablissement de l’unité musulmane

Un des principaux regrets de l’ Hizb ut-Tahrir est le manque d’unité des Musulmans ; à la bonne vieille époque du califat, la oumma [communauté] musulmane « n’était pas divisée comme aujourd’hui par des frontières dessinées par les colonialistes kouffars ».

Les jihadistes considèrent cette unité comme essentielle, en partie parce que le triomphe de Saladin sur les croisés n’eut lieu qu’après qu’il eut regroupé la majeure partie du monde musulman. Avant Saladin, les croisés avaient pu jouer sur les dissensions entre les abbassides sunnites de Bagdad et les fatimides chiites du Caire, entrant même dans de perfides alliances avec les uns contre les autres. Mais en 1171, Saladin permit que l’appel à la prière résonne à travers le Caire au nom du calife abbasside ; les fatimides furent renversés, et le monde islamique réunifié. [25] Certaines des victoires les plus retentissantes remportées sur les croisés ne furent possibles que grâce à cette unité, et les jihadistes d’aujourd’hui n’ont pas oublié cette leçon.

__________

[1] Cité par Carole Hillenbrand, “The Crusades: Islamic Perspectives”, Oxford: Routledge, 2000, p.165.
[2] Institut de recherche médiatique du Moyen-Orient (MEMRI), «Le magazine Internet Sawt Al-Djihad appelle à l’intensification du combat pendant le mois de Ramadan, ‹mois du djihad›», Dépêche spéciale N° 804, 22 octobre 2004. http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=subjects&Area=jihad&ID=SP80404#_edn1
[3] Institut de recherche médiatique du Moyen-Orient (MEMRI), «Un religieux égyptien: ‹Le Ramadan, mois du djihad›», Dépêche spéciale N° 308, 5 décembre 2001. http://memri.org/bin/french/opener.cgi?Page=archives&ID=SP30801
[4] “Full text: bin Laden’s ‘letter to America,'” Guardian, 24 novembre 2002 http://observer.guardian.co.uk/worldview/story/0,11581,845725,00.html
[5] Hizb ut-Tahrir, “The Khilafah was destroyed in Turkey 79 years ago; so let the Righteous Khilafah be declared again in Turkey”, 22 février 2003.
[6] Mustapha Krekar y fait actuellement l’objet d’une procédure d’expulsion (NdT)
[7] Neil MacFarquhar, “Rising Tide of Islamic Militants See Iraq as Ultimate Battlefield,” New York Times, August 13, 2003.
http://www.hvk.org/articles/0803/128.html
[8] Brynjar Lia, The Society of the Muslim Brothers in Egypt (Ithaca, NY: Ithaca Press, 1998), 28.
[9] Syed Abul Ala Maududi, “Jihad in Islam,” Discours prononcé à Lahore, 13 avril 1939
[10] Craig Pyes, Josh Meyer, and William C. Rempel, “Officials Reveal Bin Laden Plan,” Los Angeles Times, 18 mai 2002.
[11] Daniel Simpson, “British Moslem radicals urge Islamic fightback”, Reuters, 6 mars 1999
[12] Steve Zwick, “The Thinker”, in “The Many Faces of Islam,” Time Europe, 16 décembre 2002. http://www.time.com/time/europe/magazine/article/0,13005,901021216-397459,00.html
[13] Lisa Gardiner, “American Muslim leader urges faithful to spread Islam’s message,” San Ramon Valley Herald, July 4, 1998 http://www.danielpipes.org/394.pdf
[14] Art Moore, “Should Muslim Quran be USA’s top authority?” World-NetDaily.com, 1er mai 2003. http://www.worldnetdaily.com/news/article.asp?ARTICLE_ID=32341
[15] John Perazzo, “Hamas and Hizzoner,” FrontPageMagazine.com, 5 mars 2003. http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=6473
[16] La liaison routière entre Dallas et Fort Worth forme l’axe d’une conurbation nommée Metroplex, composée de plus de trente municipalités jointives. Dallas compte près de 1,2 million d’habitants et Fort Worth plus de 500 000, mais avec les villes voisines, Metroplex totalise plus de cinq millions deux cent mille personnes. (NdT)
[17] The Dallas News blog, 17 décembre 2004
[18] Cité par Amir Taheri, Holy Terror: Inside the World of Islamic Terrorism (New York: Adler & Adler, 1987), 241-43.
[19] Cité par Amir Taheri, The Spirit of Allah: Khomeini and the Islamic Revolution (New York: Adler and Adler, 1986), 20, 45.
[20] Daniel Pipes, “Advancing U.S. National Interests Through Effective Counterterrorism,” Testimony presented to Secretary’s Open Forum, Department of State, January 30, 2002. http://www.danielpipes.org/article/428
[21] “O’Reilly Factor Flash,” August 5, 2004, http://www.billoreilly.com/pg/jsp/general/genericpage.jsp?pageID=368
[22] William Glaberson, “Defense in Terror Trial Paints a Rosier Picture of ‘Jihad,'” New York Times, 25 février 2005 http://www.nytimes.com/2005/02/25/nyregion/25sheik.html?ex=1267074000&en=6f1459fba8b0ab1a&ei=5088&partner=rssnyt
[23] Kathy Gannon, “Radical Islamic Group Growing in Asia,” Associated Press, 1er mai 2005
[24] Khalid A-H Ansari, “65% Pakistanis support Osama, says report”, Mid-Day, 27 mars 2004. http://web.mid-day.com/news/world/2004/march/79639.htm
[25] Voir notamment Bernard Lewis, “Les Assassins” (Éditions Complexe, mai 2001)

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Un livre que vous n’êtes pas censé lire

[Encadré p.16]
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« La vie de Mohammed : Une traduction de la Sirat Rasul Allah d’Ibn Ishaq », d’Alfred Guillaume, Oxford University Press, 1955

Une traduction en anglais de la biographie la plus ancienne de Mahomet, écrite par un pieux musulman. Pratiquement chaque page présente une réfutation dévastatrice du Mahomet javellisé et paisible décrit par le mythe du « politiquement correct ».

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Considérations de John Wesley* sur l’Islam

Image Hosted by ImageShack.us« Depuis que la religion de l’Islam est apparue dans le monde, ses adeptes (…) sont comme autant de loups et tigres pour toutes les autres nations, déchirant et déchiquetant tous ceux qui tombent dans leurs griffes impitoyables, et les écrasant entre des mâchoires de fer ; toutes ces villes rasées jusqu’aux fondations, dont seuls restent les noms ; toutes ces contrées, autrefois jardins de Dieu, aujourd’hui régions sauvages et désolées ; et toutes ces nations, jadis populeuses et puissantes, disparues de la Terre ! Tel furent et restent à ce jour la rage, la fureur, l’esprit vengeur de ces destructeurs de l’espèce humaine. »

La Doctrine du Pêché Originel, Œuvres (1841), ix. 205

*John Wesley [1703-1791] fut le fondateur de l’Eglise Méthodiste (NdT)

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December 14th, 2005

Mahomet – prophète guerrier

Pourquoi la vie de Mahomet, le prophète de l’islam, a-t-elle de l’importance aujourd’hui? Quatorze siècles se sont écoulés depuis sa naissance. Des millions de Musulmans ont vécu et sont morts depuis lors, et un grand nombre de dirigeants se sont levés pour guider les fidèles, y compris des descendants du prophète lui-même. L’Islam, comme les autres religions, a certainement changé au cours de ces plus de 1400 ans.

Voici pourquoi la vie de Mahomet a de l’importance: contrairement à ce que de nombreux laïques voudraient nous faire croire, les religions ne sont pas entièrement déterminées (ou dénaturées) par les fidèles et le passage du temps. Les actes et les écrits des fondateurs restent essentiels, peu importe à quel lointain passé ils appartiennent. La notion selon laquelle les croyants donnent leur forme aux religions provient bien plutôt de la philosophie du déconstructivisme, à la mode dans les années 1960, et qui enseigne que les mots écrits n’ont pas d’autre signification que celle que leur donne le lecteur. Autre thème central: il s’ensuit que si seul existe le sens trouvé par le lecteur, il ne saurait y avoir de vérité (et certainement pas de vérité religieuse); le discernement d’une personne est de valeur égale à celui d’une autre. Finalement, à en croire le déconstructivisme, nous créons tous notre propre série de «vérités», et aucune n’est meilleure ou pire qu’une autre. 

Mais, pour les hommes et les femmes épris de religion, dans les rues de Chicago, Rome, Jérusalem, Damas, Calcutta ou Bangkok, les paroles de Jésus, Moïse, Mahomet, Krishna et Bouddha possèdent par elles-mêmes une signification beaucoup plus importante que les interprétations de quiconque. Et même des lecteurs qu’on ne saurait qualifier de dévots ne considèrent pas que les paroles des grands guides religieux sont équivalentes entre elles.

C’est pourquoi j’ai placé un encadré «Entre Mahomet et Jésus» en marge de chaque chapitre, afin de mettre en exergue le raisonnement fallacieux de ceux qui prétendent que l’Islam et le Christianisme – et, à cet égard, toutes les autres religions – sont au fond équivalentes dans leur capacité d’inspirer la bienfaisance ou la malfaisance. Ces extraits sont également destinés à souligner le fait que l’Occident, fondé sur le Christianisme, vaut la peine d’être défendu, même si nous vivons aujourd’hui dans une ère soi-disant postchrétienne. En outre, la mise en parallèle des paroles de Mahomet et de Jésus nous permet d’établir une distinction entre les principes fondamentaux guidant les fidèles des fois musulmane et chrétienne. Ces principes sont importants. Les adeptes de Mahomet s’inspirent de ses paroles et imitent ses actes, et cela conduit à une expression de la foi très différente de celle des Chrétiens. Il n’est pas nécessaire d’observer bien longtemps pour se rendre compte que la vie dans un pays islamique est différente de ce qu’elle est aux États-Unis ou en Grande-Bretagne. Cette différence commence avec Mahomet. À notre époque, où tant de gens évoquent les paroles et les actes de Mahomet pour justifier des actions violentes et sanglantes, il est nécessaire de se familiariser avec ce personnage central.

Pour de nombreux Occidentaux, Mahomet reste beaucoup plus mystérieux que d’autres grandes figures religieuses. La plupart des gens savent, par exemple, que Moïse a reçu les Dix Commandements sur le mont Sinaï, que Jésus est mort sur la croix et a ressuscité, et peut-être même que Bouddha s’assit sous un arbre et y reçut l’illumination. Mais on sait peu de choses sur Mahomet, et même ces rares faits sont contestés. Ainsi, ce qui suit sera basé exclusivement sur des textes islamiques.

Premier fait fondamental: Muhammad ibn Abdallah ibn Abd al-Muttalib (570–632), le prophète de l’Islam, fut un homme de guerre. Il dit à ses partisans de se battre pour sa nouvelle religion. Il déclara que leur dieu, Allah, leur avait ordonné de prendre les armes. Et Mahomet, qui n’avait rien d’un général en chambre, prit part à de nombreuses batailles. Ces faits doivent être connus si l’on veut réellement comprendre la cause des croisades des temps passés ou de l’essor du djihad mondial actuel.

Au cours de ces batailles, Mahomet formula de nombreux principes que les Musulmans ont respectés jusqu’à nos jours. Ainsi, il faut rappeler certaines caractéristiques des batailles de Mahomet pouvant apporter un éclairage indispensable sur le contenu des gros titres de la presse d’aujourd’hui – un éclairage qui manque encore, hélas, à de nombreux analystes et experts.

Mahomet l’assaillant

Mahomet avait déjà l’expérience du combat avant d’assumer le rôle de prophète. Il avait participé à deux guerres locales opposant sa tribu de Koreish et leurs voisins rivaux, les Banu Hawazin. Mais ce n’est que plus tard qu’il adoptera son rôle spécifique de prophète guerrier. Après avoir reçu la révélation d’Allah par l’intermédiaire de l’ange Gabriel, en 610, il commença à prêcher dans sa tribu le culte du Dieu unique et sa mission de prophète. Mais il fut accueilli fraîchement par les Mecquois koreishites, qui réagirent avec dédain à sa vocation de prophète et refusèrent de renoncer à leurs dieux. La frustration et la rage de Mahomet grandirent jusqu’à devenir manifestes. Et lorsque même son oncle, Abou Lahab, rejeta son message, Mahomet le maudit, lui et son épouse, en des termes violents qui ont été conservés dans le Coran, le livre saint de l’Islam: «Que périssent les deux mains d’Abou Lahab! Et que lui-même périsse! Ni sa fortune ni ce qu’il a acquis ne lui serviront à rien. Il brûlera dans un feu ardent, de même que sa femme, chargée de bois, une corde autour du cou.» (Coran 111:1–5).

Mahomet allait finalement passer de la parole aux actes, et devenir violent. En 622, il fuit La Mecque, sa ville natale, pour rejoindre une cité voisine, Médine, où une bande de guerriers tribaux l’accepta comme prophète et lui promit sa loyauté. À Médine, ces nouveaux Musulmans commencèrent alors à attaquer les caravanes des Koreishites – des expéditions dont Mahomet prit lui-même la tête à plusieurs reprises. Ces razzias permirent au mouvement musulman naissant de rester solvable et contribuèrent à forger la théologie islamique – comme lors d’un incident resté fameux au cours duquel une bande de Musulmans attaqua une caravane Koreishite à Nakhla, une colonie non loin de La Mecque, pendant le mois sacré de Rajab, c’est-à-dire pendant une période de trêve. Lorsqu’ils retournèrent au camp musulman chargés d’un riche butin, Mahomet refusa de toucher sa part ou d’avoir quoi que ce soit à faire avec eux, disant simplement: «Je ne vous ai point ordonné de combattre pendant le mois sacré.» 

Mais une nouvelle révélation lui vint d’Allah, expliquant que l’opposition des Koreishites contre Mahomet constituait une transgression plus grave que la violation de la trêve du mois sacré. En d’autres termes, la razzia était justifiée. «Ils t’interrogent sur l’acte de guerroyer pendant le mois sacré. – Dis: combattre pendant la trêve est un péché grave, mais il est plus grave encore au regard d’Allah de faire obstacle à la cause d’Allah, d’être impie envers Lui et la Mosquée sacrée, et d’en expulser son peuple. La persécution est plus grave que le meurtre.» (Coran, 2:217). Tous les péchés que les attaquants pouvaient avoir commis à Nakhla n’étaient rien, comparés au rejet de Mahomet par les Koreishites.

Ce fut une révélation d’une importance capitale, car elle allait engendrer un principe islamique qui s’est perpétué à travers les siècles. Le «Bien» était dès lors identifié comme un acte quelconque bénéficiant aux Musulmans, sans considération du fait qu’ait été violées ou non des lois morales ou autres. Les absolus moraux pieusement conservés sous la forme des Dix Commandements et les autres enseignements des grandes religions qui précédèrent l’Islam étaient écartés au profit d’un principe d’opportunisme supérieur.

La bataille de Badr

L’incident de Nakhla précéda de peu la première bataille décisive des Musulmans. Mahomet apprit l’arrivée d’une grande caravane koreishite, lourdement chargée d’argent et de biens, en route depuis la Syrie. «C’est la caravane transportant les biens des Koreishites», dit-il à ses partisans. «Allez, attaquez-les, peut-être Dieu en fera-t-il une proie pour vous.»[3] Il se mit en route en direction de La Mecque afin de diriger le raid. Mais cette fois, les Koreishites étaient prêts à le recevoir et avaient avec eux près d’un millier d’hommes pour affronter les 300 combattants de Mahomet. Il semble que Mahomet ne se soit pas attendu à un tel nombre d’adversaires – il s’écria anxieusement à l’adresse de Dieu: «Ô Dieu, si cette troupe périt aujourd’hui, ton culte ne sera plus rendu.» [4]

En dépit de leur désavantage numérique, les Koreishites furent mis en déroute. Certaines traditions musulmanes affirment que Mahomet participa en personne aux combats, d’autres disent qu’il exhortait ses combattants depuis les flancs. Quoi qu’il en soit, c’était pour lui l’occasion de prendre sa revanche après des années de frustration, de ressentiment et de haine envers son propre peuple, qui l’avait rejeté. Plus tard, l’un de ses partisans se remémora une malédiction lancée par Mahomet contre les dirigeants des Koreishites: «Le prophète dit: ‹Ô Allah! Détruits les chefs des Koreishites. Ô Allah! Détruits Abou Jahl bin Hisham, Utba bin Rabiam Shaiba bion Rabia, Uqba bin Abi Muait, Umaiya bin Khalaf (or Ubai bin Kalaf).›» [5] 

Tous ces hommes furent capturés ou tués pendant la bataille de Badr. L’un des dirigeants koreishites mentionnés dans cette malédiction, Ubqa, demanda grâce: «Mais qui prendra soin de mes enfants, Ô Mahomet?»
«L’enfer», répondit le prophète de l’Islam, avant d’ordonner qu’Ubqa soit tué. [6]
Un autre chef koreishite, Abou Jahl (ce qui signifie «père de l’ignorance», un nom qui lui fut donné par les chroniqueurs musulmans; son vrai nom était Amr ibn Hisham) fut décapité. Le Musulman qui se chargea de cette besogne présenta fièrement son trophée à Mahomet: «Je lui ai coupé la tête et l’ai apportée à l’apôtre, lui disant: ‹Voici la tête de l’ennemi de Dieu – Abou Jahl.›»
Mahomet se montra enchanté: «Par le Dieu unique, vraiment?» s’exclama-t-il puis il rendit grâce à Allah pour la mort de son ennemi. [7]

Les corps de tous les hommes mentionnés dans la malédiction furent jetés dans une fosse. Un témoin oculaire rapporta: «Plus tard, je les vis tous se faire tuer pendant la bataille de Badr puis leur corps furent précipités dans un puits, à l’exception de la dépouille d’Umaiya ou Ubai, car il était très gros et quand on tira son corps, il se démembra avant qu’il ne puisse être jeté dans le puits.»[8] Ensuite, Mahomet les railla, les appelant les «gens de la fosse», et leur posa une question théologique: «Avez-vous eu confirmation des promesses que Dieu vous fit? J’ai, moi, vu se réaliser les promesses de mon Dieu.» Quand on lui demanda pourquoi il parlait ainsi à des cadavres, il répondit: «Ils ne m’entendent pas moins bien que vous; mais ils ne peuvent pas me répondre.» [9]

La victoire de Badr marqua un tournant historique pour les Musulmans. Mahomet prétendit même que des armées d’anges se joignirent aux Musulmans pour frapper les Koreishites, et qu’une telle aide serait accordée également à l’avenir aux Musulmans qui resteraient fidèles à Allah: «Allah vous a soutenus à Badr, alors que vous n’étiez qu’une petite troupe méprisable; craignez donc Allah; témoignez-lui ainsi votre gratitude. Dis aux croyants: ‹Ne vous suffit-il pas qu’Allah vous ait accordé l’aide de trois mille anges, descendus du ciel tout exprès pour vous? Oui, si vous restez fermes et pieux, même si l’ennemi vous assaillait sur le champ, votre Seigneur enverrait cinq mille anges pour leur donner un assaut terrible.›» (Coran, 3:123–125). Une autre révélation d’Allah souligna que c’était la piété, et non la puissance militaire, qui leur avait valu la victoire à Badr: «Il y avait un signe pour vous dans ces deux armées qui s’affrontèrent, l’une pour la cause d’Allah et l’autre s’opposant à Allah; ces derniers crurent les croyants deux fois plus nombreux qu’eux-mêmes. Allah octroie son aide à qui lui plait. C’est-là un avertissement clair à ceux qui ont des yeux pour voir.» (Coran 3:13). Un autre passage coranique affirme que les Musulmans furent de simples instruments passifs à Badr: «Ce n’est pas vous qui les avez tués; c’était Allah.» (Coran 8:17) Et Allah accorderait de telles victoires aux Musulmans quand bien même ils devraient affronter des difficultés bien plus grandes que celles qu’ils avaient surmontées à Badr: «Ô prophète! Appelle les croyants au combat. S’il en est vingt parmi vous armés de patience et de persévérance, ils vaincront deux cent adversaires; s’il s’en trouve cent, ils vaincront un millier des mécréants, car ces gens manquent d’entendement» (Coran 8:65).

Allah récompensa largement ceux à qui il avait accordé la victoire à Badr: le butin était très abondant – si abondant, même, que son partage fit l’objet de disputes. Les choses empirèrent à tel point qu’Allah lui-même s’exprima à ce propos dans un chapitre (sourate) du Coran entièrement consacré à des réflexions sur la bataille de Badr – la 8e sourate, intitulée Al-Anfal, «le Butin». Allah y prévient les Musulmans qu’ils doivent considérer le butin de la bataille de Badr comme appartenant à Mahomet et à personne d’autre: «Ils t’interrogent au sujet du butin. Dis: ‹Le butin appartient à Allah et à son messager.› Craignez Allah et maintenez la concorde entre vous. Obéissez à Allah et à son messager, si vous êtes croyants» (Coran 8:1). Finalement, Mahomet distribua le butin en parts égales entre les Musulmans, mais conserva un cinquième de l’ensemble pour lui: «Et sachez que sur tout butin que vous faites à la guerre, un cinquième appartient à Allah, à son messager, à ses proches, aux orphelins, aux pauvres et aux voyageurs (en détresse), si vous croyez en Allah et en ce que Nous avons révélé sur notre serviteur au Jour du Discernement, lorsque les deux armées se rencontrèrent» (Coran 8:41). Allah souligna qu’il s’agissait là de la récompense de l’obédience à son égard: «Jouissez donc de votre butin, car il est licite et pur. Et craignez Allah. Allah est clément et miséricordieux» (Coran 8:69).[10]

Ainsi, les Musulmans passèrent du statut de petite communauté méprisée à celui de puissance avec laquelle les païens d’Arabie devaient compter – et ils commencèrent à réellement terroriser leurs ennemis. La prétention de Mahomet d’être le dernier prophète du seul vrai Dieu sembla confirmée par une victoire remportée dans des conditions extrêmement défavorables. Cette victoire inspira nombre d’attitudes et de notions qui restent très profondément ancrées dans l’intellect musulman. Par exemple:

– Allah accordera la victoire à ses adeptes contre des adversaires supérieurs en nombre ou en puissance de feu aussi longtemps qu’ils restent soumis à ses ordres.
– Les victoires autorisent par elles-mêmes les Musulmans à s’approprier les biens des vaincus au titre de butin.
– La vengeance sanglante contre ses ennemis est la prérogative non seulement du Seigneur, mais de tous ses serviteurs fidèles sur terre.
– Les gens faits prisonniers dans le cadre d’une bataille contre les Musulmans peuvent être mis à mort selon le bon vouloir des dirigeants musulmans.
– Ceux qui rejettent l’Islam sont «les pires de toutes les créatures» (Coran 98:6) et ne méritent aucune pitié.
– Quiconque insulte ou seulement s’oppose à Mahomet ou à son peuple mérite une mort humiliante – si possible par décapitation, conformément à l’injonction d’Allah qui ordonne de «frapper à la nuque» «ceux qui ont mécru» (Coran 47:4).

La bataille de Badr fut surtout le premier exemple pratique de ce qui allait devenir la doctrine islamique du djihad – une doctrine formant la clé de la compréhension tant des croisades que des conflits actuels.

Assassinat et tromperie

Grisé par la victoire, Mahomet intensifia ses raids. Il durcit également son attitude envers les tribus juives de la région, qui conservaient leur foi et niaient que Mahomet soit un prophète de Dieu. Après ce rejet, les appels prophétiques de Mahomet à l’adresse des Juifs se firent violents et évoquèrent des châtiments terrestres. En arpentant le centre d’un marché des Banu Qaynuqa, une tribu juive avec laquelle il était en trêve, il annonça à la foule: «Ô Juifs, craignez que Dieu ne lance sur vous la vengeance qu’il réserva aux Koreishites et devenez Musulmans. Vous savez que je suis un prophète envoyé par Dieu – vous le verrez dans vos Écritures et dans le Pacte que Dieu a scellé avec vous.»[11] Les Juifs de la tribu Banu Qaynuqa ne furent pas convaincus, et ils frustrèrent davantage encore le prophète. Alors celui-ci les assiégea jusqu’à qu’ils lui offrent leur reddition sans condition.

Mais cela ne suffit pas à apaiser la colère de Mahomet. Il lui trouva alors un autre exutoire en la personne d’un poète juif, K’ab bin Al-Ashraf, qui, à en croire le premier biographe de Mahomet, Ibn Ishaq, «composait des vers galants de nature à offenser les femmes musulmanes». [12] Mahomet demande à ses partisans: «Qui est prêt à tuer K’ab bin Al-Ashraf, qui a insulté Allah et son apôtre?»[13] Il trouva un volontaire, un jeune Musulman nommé Muhammad bin Maslama: «Ô apôtre d’Allah, veux-tu que je le tue?» Après que le prophète lui eut répondit «oui», Muhammad bin Maslama lui demanda la permission de mentir afin de pouvoir tromper K’ab bin Al-Ahraf et l’attirer dans une embuscade.[14] Le prophète lui accorda cette permission et Muhammad bin Maslama trompa et assassina K’ab.[15] 

Après le meurtre de K’ab, Mahomet émit un ordre général: «Tuez tout Juif qui tombe entre vos mains.» Ce n’était pas une instruction militaire: la première victime fut un marchand juif, Ibn Sunayna, qui entretenait «des relations sociales et commerciales» avec les Musulmans. L’assassin, Muhayissa, se fit réprimander pour ce geste par son frère, Huwayissa, qui n’était pas encore musulman. Muhayissa ne regrettait rien. Il dit à son frère: «Si celui qui m’a ordonné de le tuer m’ordonnait de te tuer, je te trancherais la tête.»

Huwayissa fut impressionné: «Par Dieu, une religion qui peut te faire faire cela est miraculeuse!» Et il devint un Musulman.[16] Et le monde est toujours témoin de tels miracles de nos jours.

Vengeance et prétextes

Après leur humiliation à Badr, les Koreishites avaient soif de revanche. Ils rassemblèrent trois mille hommes d’armes qui affrontèrent mille Musulmans à Uhud. Mahomet portait deux cotes de mailles et dirigeait l’assaut des Musulmans, un sabre à la main. Mais cette fois, ils furent défaits. Le prophète lui-même eut le visage maculé de sang et perdit une dent dans l’aventure; des rumeurs de sa mort se répandirent même sur le champ de bataille. Dès qu’il put trouver de l’eau pour se laver la figure, Mahomet jura de se venger. «Le courroux de Dieu est terrible contre celui qui a ensanglanté la face de Son prophète.»[17] Lorsque Abu Sufyan, le chef des Koreishites, railla les Musulmans, Mahomet se montra inflexible et se concentra sur la distinction islamique très nette entre croyants et incroyants. Il dit à son lieutenant Umar de répliquer: «Dieu est sublime, Dieu est glorieux. Nous ne sommes pas égaux. Nos morts sont au paradis; vos morts sont en enfer.»[18]

Mahomet jura une nouvelle fois de se venger lorsqu’il découvrit la dépouille de son oncle Hamza. Hamza avait été tué à Uhud et son corps avait été horriblement mutilé par une femme, Hind bint Utba, qui lui trancha le nez et les oreilles et mangea une partie de son foie. Elle fit cela pour venger la mort de son père, de son frère, de son oncle et de son fils aîné à la bataille de Badr. Le prophète ne fut pas ému le moins du monde par le fait qu’elle ait commis ces actes ignobles pour se venger. «Si Dieu me donne la victoire sur les Koreishites à l’avenir», s’exclama-t-il, «je mutilerai trente de leurs hommes.» Touchés par son chagrin et sa colère, ses partisans prononcèrent un serment analogue: «Par Dieu, si Dieu nous donne la victoire sur eux à l’avenir, nous les mutilerons comme aucun Arabe n’a encore jamais mutilé personne.»[19]

Victoire ou défaite: davantage d’Islam

La défaite de Uhud n’ébranla nullement la foi des Musulmans ni ne calma leur ferveur. Allah leur dit en effet qu’ils auraient remporté une autre victoire s’ils ne lui avaient pas désobéi: «En vérité, Allah a tenu Sa promesse envers vous, et c’est par Sa permission que vous les avez défaits, jusqu’au moment où vous avez manqué de courage, où vous avez discuté les ordres, et désobéi, après pourtant qu’Il vous eut montré la victoire à laquelle vous aspirez!» (Coran 3:152).

À nouveau, une habitude était prise: lorsque les choses tournaient mal pour les Musulmans, c’était pour punir la tiédeur de leur foi en l’Islam. En 1948, Sayyed Qutb, le grand théoricien des Frères musulmans, organisation qui détient le douteux honneur d’avoir été le premier groupe terroriste islamique moderne, déclara ainsi au monde musulman: «Un bref regard suffit pour nous rendre compte que notre situation sociale est au plus bas.» Pourtant, «nous persistons à écarter notre propre héritage spirituel, tous nos dons intellectuels et toutes les solutions qui pourraient se trouver révélées par leur examen; nous écartons nos propres principes fondamentaux, nos propres doctrines, et nous les remplaçons par les préceptes de la démocratie, du socialisme ou du communisme.»[20]

La liaison théologique entre victoire et obéissance d’une part et entre défaite et désobéissance d’autre part fut encore renforcée après la victoire des Musulmans à la bataille du fossé en 627. Mahomet reçut alors une nouvelle révélation attribuant ce succès à l’intervention surnaturelle d’Allah: «Ô croyants! Rappelez-vous la faveur que vous fit Allah lorsque des troupes vous attaquèrent et que nous leur opposâmes un fort vent ainsi que des troupes invisibles à vos yeux.» (Coran 33:9).

Mythe de la rectitude politique:
nous pouvons négocier avec ces gens

Un autre principe islamique essentiel se cristallisa à la suite des événements liés au traité de Hudaybiyya. En 628, Mahomet eut une vision au cours de laquelle il fit un pèlerinage à La Mecque – une coutume païenne dont il voulait faire un élément de l’Islam, sans succès jusqu’alors, cependant, car la ville était sous le contrôle des Koreishites. Il ordonna aux Musulmans de se préparer à faire le pèlerinage de La Mecque et s’approcha de la ville avec 1500 hommes. Les Koreishites le rencontrèrent en dehors de la ville et les deux parties discutèrent les termes d’une trêve (hudna) de dix ans, le traité de Hudaybiyya.

Les Musulmans acceptèrent de rentrer chez eux sans faire leur pèlerinage, et les Koreishites leur permirent de faire le pèlerinage l’année suivante. Mahomet choqua ses hommes en acceptant également d’autres conditions pouvant paraître très désavantageuses pour les Musulmans: les gens qui fuiraient les Koreishites et chercheraient refuge auprès des Musulmans seraient renvoyés aux Koreishites tandis que les gens qui fuiraient les Musulmans et chercheraient refuge auprès des Koreishites ne seraient pas renvoyés aux Musulmans. Le négociateur des Koreshites, Suhayl bin Amr, obligea même Mahomet à ne pas s’identifier comme «Mahomet, l’apôtre de Dieu». Suhayl déclara: «Si j’avais constaté que tu étais l’apôtre de Dieu, je ne t’aurais pas combattu. Écris ton propre nom et le nom de ton père.» À la consternation de ses compagnons, Mahomet s’exécuta.

Puis, contre toute évidence, il affirma que les Musulmans avaient été victorieux, produisant même pour cela une nouvelle révélation d’Allah: «En vérité, nous t’avons accordé une victoire éclatante» (Coran, 48:1). Il promit que ses partisans allaient récolter un riche butin: «Allah a certes béni les croyants lorsqu’ils prêtèrent serment. Il savait ce que contenait leur cœur, et fit descendre sur eux la sérénité, et les récompensa d’une presque victoire, et d’un abondant butin dont ils s’empareront bientôt. Allah est puissant et sage. Allah vous a promis un abondant butin, que vous récolterez, Il vous l’octroya par avance, et empêcha les gens de mettre la main sur vous – il y a là un signe pour les croyants; puisse-t-il vous guider vers la rectitude» (Coran 48:18-20).

Si certains de ses partisans restèrent sceptiques, leurs craintes furent vite dissipées. Une femme des Koreishites, Umm Kulthum, rejoignit les Musulmans à Médine; ses deux frères se rendirent alors auprès de Mahomet, exigeant qu’elle leur soit restituée, «selon les termes de l’accord conclu entre lui et les Koreishites à Hudaybiyya».[22] Mahomet refusa, car Allah l’avait interdit. Allah donna en effet à Mahomet une nouvelle révélation: «Ô croyants! Quand des croyantes cherchent refuge auprès de vous, éprouvez-les. Allah sait parfaitement quelle est leur foi: si vous établissez qu’elles sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants» (Coran 60:10).

En refusant de rendre Umm Kulthum aux Koreishites, Mahomet rompit le traité. Les apologistes musulmans ont toujours prétendu que les Koreishites avaient rompu le traité les premiers, mais cette anecdote est antérieure à toute violation du traité par les Koreishites. De plus, le fait de rompre ainsi le traité renforçait le principe selon lequel rien n’était bon sinon ce qui profitait à l’Islam et rien n’était mauvais sinon ce qui l’entravait. Une fois le traité formellement écarté, les juristes islamiques érigèrent en principe que les trêves, d’une manière générale, ne pouvaient pas être conclues pour une durée supérieure à dix ans et ne devaient servir qu’à permettre aux forces musulmanes affaiblies de se reconstituer.

Les événements n’allaient pas tarder à illustrer les sombres implications de ce principe.

NdT: Arafat, par exemple, usa et abusa du principe hérité de l’affaire du traité de Hudaybiyya, comme l’explique Daniel Pipes dans un article de 1999.

* * *

Le chapitre 1 est disponible aussi sous forme de document pdf (voir les notes dans ce document).

Posted by admin as Ch. 01 - Mahomet: prophète guerrier at 10:00 AM UTC

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November 22nd, 2005

Avant-propos

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Il se pourrait bien que les croisades soient plus dévastatrices à notre époque que durant les trois siècles durant lesquels furent menés les combats en question. Pas en termes de victimes ou de destructions de biens, toutefois – les dégâts actuels sont d’une nature plus subtile. Les croisades sont devenues un péché capital, non seulement de l’Église catholique, mais du monde occidental en général. Elles constituent la pièce à conviction numéro 1 du réquisitoire selon lequel les dissensions opposant actuellement le monde musulman et la civilisation occidentale postchrétienne sont en dernière analyse la responsabilité de l’Occident, qui n’a cessé de provoquer, d’exploiter et de brutaliser les Musulmans depuis le jour où les premiers guerriers francs pénétrèrent dans Jérusalem et… mais laissons plutôt la parole à Bill Clinton:

En effet, lors de la première croisade, lorsque les soldats chrétiens s’emparèrent de Jérusalem, ils commencèrent pas brûler une synagogue abritant trois cents Juifs et entreprirent ensuite de tuer toutes les femmes et tous les enfants de religion musulmane trouvés sur le mont du Temple. Les récits de l’époque relatant les événements décrivent des soldats pénétrant sur le mont du Temple, un lieu saint chrétien, avec du sang jusqu’aux genoux. Je peux vous dire que cette histoire est encore racontée de nos jours au Moyen-Orient et que nous continuons d’en payer le prix [1] (italiques ajoutées).

Dans cette Analyse, Clinton faisait étrangement écho à Oussama Ben Laden lui-même, dont certains des communiqués personnels parlaient de son organisation non comme d’«Al-Qaida», mais comme du «Front islamique mondial pour le djihad contre les juifs et les croisés».[2]

Cet usage est très répandu. Peu avant le début de la guerre d’Irak, qui allait permettre de renverser Saddam Hussein, le 8 novembre 2002, cheikh Bakr Abed Al-Razzaq Al-Samaraai orienta son prêche donné en la mosquée de la Mère de toutes les batailles de Bagdad sur «cette heure difficile que traverse la nation islamique, une heure à laquelle elle doit affronter (les forces de) l’incroyance des infidèles, des Juifs, des croisés, des Américains et des Britanniques». [3]

De même, lorsque des djihadistes islamiques perpétrèrent un attentat à l’explosif contre le consulat des États-Unis à Djeddah, en décembre 2004, ils expliquèrent que cette action s’inscrivait dans un vaste plan de contre-attaque visant les «croisés»: «Cette opération fait partie d’un plan mis au point et organisé par Al-Qaida dans le cadre de la bataille contre les croisés et les Juifs, de même qu’un élément de l’effort destiné à chasser les incroyants de la péninsule arabique.» Ils déclarèrent que les guerriers du djihad «[étaient parvenus] à pénétrer au sein de l’un des grands châteaux-forts des croisés dans la péninsule arabique, il parvinrent à pénétrer dans le consulat américain de Djeddah, d’où ils contrôlent et gèrent le pays.» [4]

«L’un des grands châteaux-forts des croisés dans la péninsule arabique»? Pourquoi des terroristes du djihad islamique font-ils une telle fixation sur des châteaux vieux d’un millénaire? Se pourrait-il que Clinton ait raison et qu’ils attribuent bel et bien aux croisades l’origine de leurs problèmes avec l’Occident, et qu’ils considèrent les conflits actuels en Irak et en Afghanistan comme une renaissance de l’éthos des croisés?

Dans un sens, oui. Mieux on comprend les croisades – pourquoi elles furent entreprises et quelles en furent les forces vives tant au sein de la Chrétienté que dans l’Islam –, mieux on comprend le conflit actuel. À de nombreux égards, que Bill Clinton et les auteurs de l’attentant de Djeddah ne devinent que confusément, les croisades apportent des clés essentielles à la bonne compréhension de la situation mondiale actuelle.

Le présent ouvrage explique pourquoi en se consacrant pour moitié à l’Islam, en première partie, et pour moitié aux croisades. Ce faisant, il se propose d’éclaircir certaines des brumes de désinformation qui entourent aujourd’hui l’Islam et les croisades. Des brumes plus épaisses que jamais. L’une des principales responsables de cette situation, l’apologiste occidentale de l’Islam Karen Armstrong, va jusqu’à faire remonter aux croisades les perceptions faussées des Occidentaux:

Depuis les croisades, les populations de la Chrétienté occidentale n’ont cessé de nourrir une vision stéréotypée et déformée de l’Islam, qu’ils considéraient comme l’ennemi de la civilisation. (…) Ainsi, c’est pendant les croisades, alors que les Chrétiens avaient lancé une série de guerres saintes brutales contre le monde musulman, que l’Islam était décrit par les moines érudits d’Europe comme une foi intrinsèquement violente et intolérante, qui ne s’était jamais établie autrement que par l’épée. Le mythe de la soi-disant intolérance de l’Islam est devenu l’une des idées reçues de l’Occident. [5]

Armstrong a raison, d’une certaine manière (il semble bien qu’aucun être humain ne peut avoir tort tout le temps): dès qu’il s’agit de l’Islam, on ne peut plus rien croire de ce que l’on entend – tout particulièrement depuis les attentats du 11 septembre. La désinformation et les demi-vérités sur ce que l’Islam enseigne, et sur ce que les Musulmans des États-Unis croient, ont envahi les ondes et profondément influencé les orientations politiques.

Ces malentendus sont transmis en grande partie par des analyses des «causes profondes» du terrorisme djihadiste qui fit tant de victimes le 11 septembre 2001, et qui continue de menacer la paix et la stabilité des non-Musulmans partout dans le monde. Il est devenu de bon ton, dans une certaine presse et ans certains milieux universitaires, d’attribuer la majeure partie, sinon la totalité, de la responsabilité des événements du 11 septembre non pas à l’Islam et aux Musulmans, mais aux États-Unis et aux autres pays occidentaux. L’Occident infligerait systématiquement de mauvais traitements au monde musulman, disent de savants professeurs et des commentateurs pleins de superbe. Cela commença il y a des siècles, disent-ils – à l’époque des croisades.

Mais, en réalité, les germes du conflit actuel furent plantés longtemps avant la première croisade. Pour bien comprendre les croisades ainsi que l’influence si singulière qu’elles exercent sur le conflit mondial actuel, avec les terroristes du djihad islamique, nous devons commencer par une étude du prophète d’Arabie et de la religion qu’il fonda. Car les croisades, comme nous allons dès lors nous en rendre compte, furent en fait une réaction à des événements qui trouvent leur origine plus de 450 ans avant les batailles elles-mêmes.

Le présent ouvrage souhaite constituer non pas une introduction générale à la religion islamique, ni une étude historique exhaustive des croisades, mais un examen de certaines des affirmations extrêmement tendancieuses sur l’Islam et les croisades qui ont envahi le débat public. Ce livre est une tentative de rapprocher un peu le débat public de la vérité.

– – – – – – – – –

[1]
Bill Clinton, «Remarques prononcées par le président William Jefferson Clinton à l’université de Georgetown», le 7 novembre 2001. Université de Georgetown, Office of Protocol and Events, http://www.georgetown.edu/.

[2]
Déclaration du Front islamique, Jihad contre les Juifs et les Croisés, 23 février 1998. http://www.fas.org/irp/world/para/docs/980223-fatwa.htm

[3]
Institut de recherche médiatique du Moyen-Orient (MEMRI), «Sermon du Ramadan depuis l’Irak», Dépêche spéciale de MEMRI N° 438, 8 novembre 2002. http://memri.org/bin/french/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SP43802

[4]
«Des groupes liés à Al-Qaida revendiquent la responsabilité de l’attentat saoudien», CNN, 7 décembre 2004.

[5]
Karen Armstrong, Islam: A short History (New York : Modern Library, 2000), p. 179–180.

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November 21st, 2005

Aujourd’hui comme hier : Chrétiens persécutés

Page 166 du P.I.G.
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En 775, le siège de l’Église Assyrienne quitta la ville persane de Séleucie-Ctésiphon pour s’installer à Bagdad, où il est demeuré depuis lors. Cependant, la situation se dégradant de nos jours pour les Chrétiens du Moyen-Orient avec la réapparition de l’Islam jihadiste a conduit l’actuel Catholicos Mar Dinkha IV à vivre à Chicago depuis 1980. Le patriarche Emmanuel Delly, chef des catholiques chaldéens (un groupe de Chrétiens assyriens qui rejoignit l’Eglise Romaine au XVI° siècle), est lui resté à Bagdad – pour y voir, après la chute de Saddam Hussein, les Chrétiens faire l’objet de persécutions ciblées de la part des terroristes jihadistes dans tout le pays. Le gouvernement de Saddam était relativement laïc ; les jihadistes espèrent y titulariser un gouvernement qui appliquerait plus rigoureusement les règles de la Charia. Les Chrétiens qui tiennent des magasins de vins et spiritueux ont été donc visés, en conformité avec les préceptes de la dhimma qui interdisent aux chrétiens d’exposer du vin ou d’en vendre dans des endroits où des Musulmans pourraient en acheter. (1) Des Chrétiennes ont fait l’objet de menaces concernant le voile – “portez le hijab ou sinon…” (2) Nombre de Chrétiens ont été tués, et des milliers ont fui le pays. En septembre 2004, le chroniqueur irakien Madjid Aziza observait «qu’il est difficile de se rappeler d’une époque où les Arabes chrétiens aient été en plus grand danger qu’aujourd’hui.»
Si on se souvient de Tamerlan, cela en dit long.

(1) ‘Umdat al-Salik, o11.5(6).

(2) “Fundamentalists vow to kill female students without head cover”, AsiaNews, 22 october 2004.

(3) Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI), “Un chroniqueur irakien : «Nous ne nous rappelons pas une époque où les Arabes chrétiens aient été en plus grand danger qu’aujourd’hui.»”, Dépêche Spéciale N° 789, 26 septembre 2004. http://memri.org/bin/french/opener.cgi?Page=archives&ID=SP78904

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Aujourd’hui comme hier : Deux poids et deux mesures…

Page 141 du P.I.G.
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Bill Clinton suggéra dans un de ses discours que l’on peut voir le sac de Jérusalem en 1099 comme étant la cause ultime des attaques du 11 septembre. Pourtant, le sac de Constantinople par les musulmans en 1453 n’enflamme aucune mémoire. Aucun président ne l’a désigné comme étant la cause de quelque acte terroriste moderne que ce soit. Et en définitive, il est plus méconnu de nos jours qu’une autre mise à sac de Constantinople : celle commise par de bien mal guidés Croisés en 1204. (1)

C’est un exemple de l’étrange et machinal “deux poids, deux mesures”‘ qu’emploient les tenants du politiquement correct lorsqu’ils analysent le comportement d’Occidentaux et de non-Occidentaux : tout massacre, toute atrocité peut être pardonnée à des peuplades non-occidentales, non-blanches, non-chrétiennes, mais les méfaits commis par des Occidentaux chrétiens (ou même post-chrétiens) demeurent piqués tels des échardes dans la mémoire collective mondiale. En 2004 et 2005, les scandales de la prison d’Abou Ghraib ont fait l’objet d’une attention horrifiée de par le monde, souvent de la part de ceux-là même qui minimisent ou ignorent les maux bien pires provenant des agissements de Saddam Hussein, d’Oussama ben Laden, ou du Hamas. Ce qui revient à admettre tacitement un fait que l’establishment P.C. nierait vigoureusement en toute autre circonstance : les normes morales du Christianisme sont plus élevées que celles de l’Islam, et on attend plus non seulement des Chrétiens pratiquants, mais aussi de ceux qui ont été imbibés par ces valeurs en vivant dans les sociétés que le Christianisme a modelées.

(1) Discours tenu par B. Clinton à l’Université de Harvard le 19 novembre 2001: http://www.news.harvard.edu/specials/2001/clinton/clintonspeech.html

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Aujourd’hui comme hier : Jihadistes Sans Frontières

Page 128 du P.I.G.
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Comme ils l’ont fait à travers l’histoire, les guerriers musulmans parcourent de longues distances afin de participer aux jihads contemporains. Dans les années 90, les Balkans sont devenus une destination prisée par les vétérans des jihads d’Afghanistan et de Tchétchénie. Un important commandant jihadiste en Bosnie, Abu Abdel Aziz, explique qu’il s’y rendit après avoir rencontré plusieurs autorités islamiques en Arabie Saoudite.

«Elles soutiennent toutes», dit-il, « la position religieuse selon laquelle ‹le combat en Bosnie est un combat pour faire régner le Verbe d’Allah et protéger la vertu des musulmans›. C’est parce qu’Allah dit (en son Livre Saint), ‹s’ils vous demandent secours, eu égard à la religion, à vous de les secourir› (VIII:72). C’est donc notre devoir (religieux) que de défendre nos frères musulmans où qu’ils se trouvent, dès lors qu’ils sont persécutés parce qu’ils sont musulmans et non pour une autre raison.» (1)

Avant, pendant, et après la guerre de 2003 en Irak, les jihadistes ont afflué dans ce pays en provenance du monde entier – y compris de quelques endroits inattendus ; un haut fonctionnaire de la sécurité allemande remarquait fin 2003 que «depuis la fin de la guerre, il y a eu un grand mouvement de personnes motivées par l’extrémisme islamique depuis l’Allemagne et le reste de l’Europe vers l’Irak.»(2)

(1) Tawfiq Tabib, “Interview with Sheikh al-Mujahideen Abu Abdel Aziz,” Al-Sirat Al-Mustaqeem (Le droit chemin), août 1994; peut être lu sur http://www.seprin.com/laden/barbaros.html

(2) Stephen Graham, “Muslim Militants From Europe Drawn to Iraq,” Associated Press, 3 novembre 2003.

Posted by ajm as Ch. 10 - Pourquoi l'appel à la croisade, Enc. Aujourd'hui comme hier at 10:00 AM UTC

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Aujourd’hui comme hier : Gagner les cœurs et les esprits

Page 153 du P.I.G.
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Quand un funeste tsunami frappa le Sud-Est Asiatique en décembre 2004, le secrétaire d’état Colin Powell exprima l’espoir que l’aide apportée par les États-Unis aux pays touchés ferait refluer la marée de l’anti-américanisme dans le monde musulman.
Cependant, plus d’un an et demi avant la déclaration de Collin Powell, le mufti sud-africain Ebrahim Desai, imam de la rubrique «Posez vos questions à l’Imam» sur un site web musulman de questions et réponses, avait passé un message qui, s’il en avait eu connaissance, aurait sans doute diminué la confiance du Secrétaire d’Etat en l’effet produit par l’aide américaine. Interrogé sur la pertinence, pour un Musulman, de faire l’éloge de l’Occident pour avoir envoyé des troupes en Bosnie et condamné le massacre des Musulmans, la réponse de Desai fut brève : «Pour faire simple, on ne peut jamais faire confiance aux Kuffaar (infidèles), quelque bien qu’ils puissent faire. Ils ont leur propre intérêt au cœur(1)

Une opinion isolée ? Sans doute. Mais c’est une opinion dont les racines sont profondément enracinées dans la tradition islamique, et il serait de ce fait naïf de la balayer du revers de la main comme n’étant issue que de la méchanceté propre à Desai. Le Coran dit explicitement aux croyants de «ne point prendre les Infidèles pour amis ou pour alliés au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d’Allah. À moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux.» (Sourate III.28). Jean VI Cantacuzène et Colin Powell étaient-ils informés de l’existence de ce verset ?

(1) Mufti Ebrahim Desai, “Ask the Imam” Question 1394, “The west is often criticised by Muslims for many reasons, such as allowing women go to work”, 25 october 2000; http://www.islam.tc/ask-imam/view.php?q=1394

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November 20th, 2005

Aujourd’hui comme hier : Des défenseurs de l’Islam ?

Page 127 du P.I.G.
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Dans la loi islamique, le jihad est obligatoire à chaque fois qu’un territoire musulman est agressé : «Quand des non-musulmans envahissent un pays musulman ou s’en approchent, le jihad est une obligation personnelle incombant aux habitants de ce pays, qui doivent repousser les non-musulmans par tous les moyens à leur disposition.»(1)

On trouve des appels au jihad tout au long de l’histoire de l’Islam. Lorsque le chef hamdanide Sayf al-Dawla conduisait des campagnes jihadistes annuelles contre les Byzantins au milieu du X° siècle, les musulmans venaient de loin pour y participer; et ce parce que, selon leur vision des choses, les Byzantins menaient des guerres agressives pour s’emparer de terres musulmanes. Plus tard, pendant la première croisade, un poète exhortait ainsi les musulmans à réagir : «N’avez-vous pas un engagement envers Allah et l’Islam, et ne devez-vous donc pas défendre les hommes, jeunes et vieux ? Répondez à [l’exhortation d’]Allah ! Maudits soyez-vous ! Réagissez !»(2) Le vénérable juriste islamique Ibn Taymiyya (Taqi al-Din Ahmad Ibn Taymiyya, 1263-1328), le plus apprécié des jihadistes contemporains, envisageait le jihad comme un absolu : «Si l’ennemi veut attaquer des musulmans, le repousser devient alors un devoir pour tout ceux subissant l’attaque, et pour les autres qui doivent les y aider.»(3)

Voici quelques autres exemples d’appels au jihad datant de ces cent dernières années : En 1914, le calife ottoman Sultan Mehmet V émit une fatwa [édit religieux] appelant au jihad au début de la première guerre mondiale ; en 2003, un groupe jihadiste Tchétchène proclamait : «Lorsque l’ennemi pénètre dans un territoire, une ville ou un village où vivent des musulmans, alors tous sont obligés de faire la guerre.»(4) En 2003, le Centre Islamique pour la Recherche de l’université d’Al-Azhar, au Caire, publia cette déclaration: «La logique et la religion islamique veulent que si l’ennemi procède à des raids sur la terre des Musulmans, le djihad devienne un commandement pour chacun, pour chaque Musulman, homme ou femme, car notre nation islamique est alors sujette à une nouvelle invasion de croisade prenant pour cible la terre, l’honneur, la croyance et la patrie.»(5) Et enfin, Cheik Omar Bakri Muhammad, l’imam jihadiste notoire basé à Londres jusqu’il y a peu, affirmait fin 2002 le devoir de jihad «lorsque l’ennemi entre en territoire musulman, comme en Palestine, en Tchétchénie, au Kosovo ou au Cachemire (…) [pour] tous les musulmans qui peuvent accéder au lieu de l’agression. (…) Les musulmans, partout dans le monde, auront l’obligation, depuis le premier jour de conflit, de soutenir ceux qui se battent, soutien qui peut être verbal, physique ou financier…»(6)

(1) Cf. ‘Umdat al-Salik o9.10;
(2) Cité par Carole Hillenbrand, “The Crusades – Islamic perspectives”, Routledge, 2000, p.71
(3) Ibn Taymiyya, “The Religious and Moral Doctrine of jihad,” in Rudolph Peters, jihad in Classical and Modern Islam: A Reader (Princeton, NJ: Markus Wiener Publishers, 1996), 53.
(4) Peut être trouvé via http://kavkazcenter.com/eng/content/2003/11/26/2028.shtml , 26 Novembre 2003
(5) Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI), ” Le djihad contre les Etats-Unis : les fatwas contradictoires d’Al-Azhar,” Dépêche Spéciale N° 480, 16 mars 2003. http://memri.org/bin/french/opener.cgi?Page=archives&ID=SP48003
(6) Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI), “Un guide islamiste: ‘pas de djihad universel sans califat’,” Dépêche Spéciale N° 435, 30 octobre 2002. http://memri.org/bin/french/opener.cgi?Page=archives&ID=SP43502

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Aujourd’hui comme hier : L’Islam doit être répandu par la force

Page 113 du P.I.G.
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Certains des penseurs islamiques modernes les plus révérés par les terroristes jihadistes d’aujourd’hui ont expliqué (en termes sans équivoque) que l’Islam doit s’imposer par la force aux non-musulmans – pas en tant que religion, car cela violerait l’édit coranique du «Nulle contrainte en religion» (Coran II :256), mais en tant que système de loi et de normes sociales. Ils professent que les musulmans doivent lutter pour imposer la loi islamique aux états non-musulmans, reléguant leurs citoyens au statut de dhimmi ou pire.

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November 16th, 2005

Décapitations au nom de l’Islam

Ce thème n’est pas vraiment traité dans l’ouvrage de Robert Spencer, et c’est dommage. Je propose donc le complément suivant, paru dans le Middle East Quarterly:

http://www.meforum.org/article/713

Beheading in the Name of Islam
by Timothy Furnish

Images of masked terrorists standing behind Western hostages in Iraq and Saudi Arabia have become all too common on Arabic satellite stations such as Al-Jazeera and Al-Manar. Islamist websites such as Muntadiyat al-Mahdi[1] go further, streaming video of their murder.

The February 2002 decapitation of Wall Street Journal reporter Daniel Pearl, true to its intention, horrified the Western audience. Chechen rebels, egged on by Islamist benefactors, had adopted the practice four years earlier,[2] but the absence of widely broadcast videos limited the psychological impact of hostage decapitation. The Pearl murder and video catalyzed the resurgence of this historical Islamic practice. In Iraq, terrorists filmed the beheadings of Americans Nicholas Berg, Jack Hensley, and Eugene Armstrong. Other victims include Turks, an Egyptian, a Korean, Bulgarians, a British businessman, and a Nepalese. Scores of Iraqis, both Kurds and Arabs, have also fallen victim to Islamist terrorists’ knives. The new fad in terrorist brutality has extended to Saudi Arabia where Islamist terrorists murdered American businessman Paul Johnson, whose head was later discovered in a freezer in an Al-Qaeda hideout. A variation upon this theme would be the practice of Islamists slitting the throats of those opponents they label infidels. This is what happened to Dutch filmmaker Theo Van Gogh, first gunned down and then mutilated on an Amsterdam street,[3] and to an Egyptian Coptic family in New Jersey after the father had angered Islamists with Internet chat room criticisms of Islam.[4]

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Posted by admin as 001 - Compléments proposés at 10:00 AM UTC

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Aujourd’hui comme hier : Femmes battues

Page 70 du P.I.G.
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L’institut des sciences médicales du Pakistan a déterminé que plus de 90% des épouses pakistanaises ont déjà été giflées, frappées à coups de pied, battues ou soumises à des sévices sexuels par leur mari – en représailles d’exactions telles que d’avoir cuisiné un repas décevant; d’autres sont punies pour avoir donné naissance à une fille au lieu d’un garçon. (1)

(1) Amnesty International, “Pakistan – Les femmes ne sont pas
suffisamment protégées,” Avril 2002, http://web.amnesty.org/library/index/FRAASA330062002

Posted by ajm as Ch. 05 - L'Islam opprime les femmes, Enc. Aujourd'hui comme hier at 10:00 AM UTC

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